Dès ce vendredi à 5 heures, Eva Roque et Quentin Lafay s'emparent du micro de la matinale week-end de France Inter, succédant à Ali Baddou et Marion L'Hour. Le nouveau binôme, qui affiche une complicité déjà bien installée, se dit impatient d'attaquer cette rentrée. « On bouillonne, on a très envie d'y aller », confient-ils d'une seule voix. Pour Eva Roque, cette nouvelle mission est « une évidence », tandis que Quentin Lafay parle d'« un rêve d'enfant ». Leur objectif commun : « redoubler de rigueur » tout en prenant du plaisir à porter cette émission.
Une formule calquée sur la semaine
La nouvelle matinale week-end se veut « une réplique du modèle de la semaine », explique Eva Roque à 20 Minutes. L'idée est d'avoir « sept jours totalement harmonisés pour couvrir l'actualité, et notamment la campagne présidentielle, tout du long », précise Quentin Lafay. Concrètement, les moments forts de la matinale semaine, comme les éditos politique, économique et géopolitique, seront réinjectés dans l'émission du week-end. Mais cette réplique n'est pas une copie conforme : de nouveaux formats et de nouvelles voix font leur apparition.
Trente-et-un chroniqueurs se succéderont sur trois jours. Les auditeurs retrouveront des visages familiers : Alain Baraton pour les jardins, Laurent Delmas pour le cinéma, François-Régis Gaudry pour la gastronomie, Anna Sigalevitch pour la musique, ou encore Claude Askolovitch, de retour après une courte absence, pour « Les Mots d'Asko ». Le binôme a également convié de nouvelles voix, avec l'ambition d'« emmener les gens à la table du petit-déj », selon Eva Roque. « Il y a tous les chroniqueurs, la rédac, et quelque 2 millions d'auditeurs, dont la table sera immense », ajoute-t-elle.
Humour, débats et pluralisme au menu
Dès vendredi à 7h57, l'humour du Québécois Philippe-Audrey Larrue Saint-Jacques donnera le ton. Samedi à 7h20, Julien Bisson se fera le conteur d'événements liés au week-end, comme le premier embouteillage. En fin de tranche, le physicien Christophe Galfard reviendra sur l'actualité scientifique. La grande nouveauté de la matinale, le débat de 8h20 le samedi et le dimanche, opposera Gilles Finchelstein de la Fondation Jean-Jaurès à Emmanuelle Mignon, ex-directrice du cabinet de Nicolas Sarkozy à l'Élysée, le samedi, et Nora Hamadi à Raphaël Doan le dimanche.
« Le mot d'ordre sera la rigueur, mais ça ne veut pas dire que ce sera chiant. Ça sera convivial, j'y tiens », insiste Eva Roque. En politique, les éditos seront confiés à Anne Rosencher (L'Express) le vendredi, Camille Vigogne Le Coat (Le Nouvel Obs) le samedi, et Charles Sapin (Valeurs actuelles) le dimanche. Un choix qui peut surprendre, mais que le binôme justifie par une volonté « de faire vivre le pluralisme en actes ». L'arrivée de l'ex-journaliste du Point suscite toutefois des remous en interne : le SNJ-CGT de Radio France a évoqué une « ligne rouge inacceptable franchie par la direction », comme l'a relayé Libération jeudi.
Une responsabilité assumée face aux critiques
Pour l'édito économique, trois voix se feront entendre : Christian Chavagneux (Alternatives économiques) le vendredi, Béatrice Mathieu (L'Express) le samedi, et Leila Abboud (Financial Times) le dimanche. « À travers ces six chroniques, l'idée est vraiment de faire vivre le pluralisme et de faire remonter à l'antenne toutes les sensibilités de la société française », explique Quentin Lafay, qui y voit « une mission du service public ». Le billet géopolitique sera assuré par Nicolas Poincaré, les trois jours.
Interrogés sur la pression liée à cette première matinale week-end de France, les deux journalistes disent ne pas la ressentir (encore). « L'enjeu est moins de parler de la pression que de la responsabilité que ça implique », indique Quentin Lafay, qui évoque une « grande responsabilité à plusieurs niveaux » : envers les auditeurs, à qui ils doivent « une rigueur absolue », et envers la radio « et des gens qui y font un travail absolument dingue depuis des années ». Le binôme assume aussi une « responsabilité plus large » face aux critiques visant le service public. « On vit un moment important, un moment où l'audiovisuel public est attaqué, et donc plus que jamais il faut qu'on montre notre utilité et notre nécessité », affirme Quentin Lafay.
Face aux attaques extérieures et aux protestations internes liées à l'arrivée de Charles Sapin, le duo se veut solide. « On a la même vision des choses, et on envisage de la raconter de la même façon », assure Eva Roque. « Tout ça fait qu'on est un duo complémentaire, fort et qui durera », renchérit Quentin Lafay. Rendez-vous est pris pour vendredi à 5 heures, puis samedi et dimanche de 6 heures à 9 heures. Les deux journalistes, qui se disent « concentrés » et « excités », ambitionnent de « réunir le plus largement. En nombre bien sûr. Mais par-delà les sensibilités, les opinions, et renouer ainsi le dialogue ».



