Les salariés de Challenges, Sciences et Avenir et La Recherche votent une motion de défiance contre LVMH
Motion de défiance des salariés contre LVMH après le rachat

Une motion de défiance massive contre LVMH adoptée par les salariés

Les salariés de Challenges, Sciences et Avenir et La Recherche ont voté, mardi 10 février, une motion de défiance envers leur direction et le géant du luxe LVMH, qui a racheté ces magazines fin décembre. Cette information a été confirmée par l'Agence France-Presse (AFP) de source syndicale.

Un vote écrasant exprimant colère et inquiétude

La motion a été adoptée à 84,5 % des voix pour, soit 109 personnes sur 129 votants. Selon le texte, les salariés qui l'ont approuvée veulent exprimer leur colère et leur inquiétude suite à plusieurs décisions unilatérales prises par la nouvelle direction.

Les employés accusent LVMH de vouloir imposer un changement de formulation de la ligne éditoriale du magazine économique Challenges. De plus, l'actionnaire entendrait priver les membres de la société des journalistes de leur pouvoir d'approbation des futurs directeurs de la rédaction, comme le stipule la motion.

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Sollicitée par l'AFP, la direction n'a pas fait de commentaire sur ces allégations.

Contexte du rachat et tensions antérieures

Propriété du milliardaire Bernard Arnault, LVMH a racheté le 30 décembre les trois magazines à l'homme d'affaires Claude Perdriel, qui en était l'actionnaire majoritaire jusqu'alors et s'est retiré de la presse à l'âge de 99 ans. LVMH, qui veut assurer la pérennité des titres, était entré dès 2020 à hauteur de 40 % au capital des Editions Croque Futur, qui publient les trois titres.

En novembre, les rédactions de Challenges, Sciences et Avenir et La Recherche avaient demandé à Bernard Arnault, sans succès selon elles, de signer leurs chartes d'indépendance sous leur forme actuelle. Cette demande visait à garantir l'autonomie éditoriale face au nouveau propriétaire.

Préoccupations salariales et sécurisation de l'emploi

Dans la motion adoptée mardi, les salariés déplorent en outre que la direction ait choisi de n'accorder aucune augmentation générale de rémunération et n'ait donné aucune garantie sur l'emploi. Ces éléments contribuent à un climat de méfiance et d'incertitude parmi le personnel.

Cibles de la motion et réactions institutionnelles

La motion de défiance vise Michèle Benbunan, patronne du groupe Les Echos-Le Parisien qui supervise également les autres titres médias de LVMH, ainsi que le président de la société Croque Futur, Maurice Sazfran, et le groupe de luxe lui-même.

L'ONG Reporters sans frontières et des syndicats de journalistes avaient saisi en décembre la justice administrative et l'Autorité de la concurrence pour examiner les conséquences du rachat de Challenges. Cependant, le Conseil d'Etat a rejeté le 30 décembre la première requête, limitant les recours possibles.

Expansion médiatique de LVMH

LVMH détient déjà, entre autres, le groupe Les Echos-Le Parisien, qui comprend les quotidiens éponymes et Radio Classique. Il a aussi racheté en 2024 la totalité du quotidien libéral L'Opinion et du site d'actualité financière L'Agefi, dont il détenait déjà des parts. Cette stratégie d'acquisition soulève des questions sur la concentration des médias et leur indépendance face à un acteur économique puissant.

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