Un suicide qui révèle une double vie
Londres, novembre 2019. Au 5e étage de l'une des deux tours du Riverwalk, une silhouette enjambe la rambarde du balcon d'un appartement de luxe et se jette dans la Tamise. La scène est filmée par l'une des caméras de surveillance du MI6, et la victime bientôt identifiée : Zac Brettler, âgé de 19 ans.
Au drame de la perte de leur enfant s'ajoute, pour Matthew et Rachelle Brettler, la révélation de sa double identité : d'un côté, le cadet d'une famille unie et sans histoire ; de l'autre, « Zac Ismaïlov », entrepreneur qui se faisait passer pour le fils d'un oligarque russe.
Une ascension fulgurante dans le mensonge
Un patronyme et une biographie inventés de toutes pièces qui lui valent la confiance d'Akbar Shamji, richissime homme d'affaires, puis de Mark Foley, administrateur du Chelsea Football Club et proche collaborateur de Roman Abramovitch, confident de Vladimir Poutine.
C'est sur les bancs de Mill Hill, une école privée londonienne fréquentée par des « enfants d'oligarques », que Zac entame sa mue trois ans avant sa mort. « Obsédé par le fric », il arrondit son argent de poche en trafiquant des cigarettes avant de vouloir plus, toujours plus, jusqu'à s'embourber dans un tissu de mensonges et des affaires qui lui seront fatals.
Une enquête haletante
Haletante, son enquête se lit comme un thriller implacable, éclairant la trajectoire solitaire d'un fils de bonne famille piégé par un système réduisant la valeur d'un individu aux profits qu'il se révèle capable de générer.
« Le Fils de l'oligarque », de Patrick Radden Keefe. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Anne-Sylvie Homassel (Belfond, 400 p., 22,90 €).



