Il y a 17 ans, Montpellier remportait la deuxième Coupe Gambardella de son histoire. Avant la finale de la Paillade contre le Paris Saint-Germain, prévue vendredi 22 mai à 17 h 15, Jonas Martin, milieu de terrain de l'époque, revient sur le sacre d'une génération brillante.
Une émotion intacte
Jonas Martin aurait aimé vivre la finale au Stade de France. Mais il sera devant son poste, vendredi, en tant que premier supporter du MHSC. Cette finale de Coupe Gambardella réveille en lui une émotion gravée à jamais : celle du sacre de 2009. « Quand j’ai vu qu’ils avaient éliminé Rennes (2-1 en demi-finale), les souvenirs sont remontés à la surface », confie l'actuel milieu de Boulogne-sur-Mer (L2). « C’est bien pour le club, pour les joueurs. Puis ça prouve que Montpellier est encore là à la formation. »
Une génération « dorée »
Il y a dix-sept ans, Martin était à la place des Megnan-Pavé, Chambon, Vidal-Cartoux ou El Boughlamy. Un élément au talent immense parmi une génération promise à un avenir brillant, avec des joueurs comme Younès Belhanda, Benjamin Stambouli, Rémy Cabella, Abdelhamid El Kaoutari ou Téji Savanier. Autant de noms associés pour la plupart dès 2012 au titre de champion de L1. Mais d'abord « une bande de copains », veut retenir l'ex-joueur de Lille ou Brest. « On s’est tous connu à 14-15 ans et on était déjà à fond dans le travail. Il y avait de la concurrence mais toujours de la bienveillance. On s’aimait vraiment, c’est-à-dire même en dehors du foot. Et je pense que ça se traduisait sur le terrain. »
Un parcours sans faute
Le parcours l'illustre : 7 matches, 19 buts marqués pour un seul encaissé. Jonas Martin et ses partenaires avaient roulé sur la Gambardella. « On était une génération dorée et dès qu’on était au complet, on n’a jamais perdu. Champions en U14, U15, U16…, égrène le milieu. Mais les coaches ont aussi bien su le gérer. »
- 64es de finale : Rodez-Montpellier 1-3
- 32es de finale : Brive-Montpellier 0-6
- 16es de finale : Monaco-Montpellier 0-1
- 8es de finale : Montpellier-Châteauroux 3-0
- Quarts de finale : Niort-Montpellier 0-2
- Demi-finales : Montpellier-Le Havre 0-2
- Finale : Montpellier-Nantes 2-0
Mi-temps à Rodez et resto avec Loulou
À l'époque, Bruno Lippini dirigeait le groupe. Ghislain Printant, à la tête de la réserve senior, son adjoint Frédéric Garny et Serge Delmas, directeur du centre de formation, n'étaient jamais bien loin. Et même dans le vestiaire au premier tour, à Rodez (1-3), se souvient Martin, amusé. « On perd 1-0 et (Serge Delmas) nous dit : “Bon, si vous gagnez cette Coupe, on n’en parlera plus”. » Avant de délivrer deux passes décisives en finale, Martin avait aussi été buteur en 8e de finale contre Châteauroux (3-0). On connaît la suite, jusqu'à cette finale, avalée contre Nantes (2-0) après deux passes décisives de Martin pour Dimitri Sarasar et Cabella. Sans trembler malgré l'environnement. « Ce n’est pas simple. Mais on savait que s’il y en avait un qui passait à travers, l’autre allait faire un gros match. On avait l’impression qu’il ne pouvait rien nous arriver. »
Au bout, il y avait « notre Ligue des champions » et l'invitation au restaurant par Loulou Nicollin. « Il nous avait donné rendez-vous dès la demi-finale. Le fait de l’avoir rendu fier comme ça, c’était comme un trophée de plus. » L'un de ceux qui ne vont pas en vitrine mais quelque part entre la tête et le cœur. Deux valeurs que Jonas Martin appelle ses successeurs à conserver ce vendredi. « Qu’ils fassent comme depuis le début, une bonne bande de copains, les efforts les uns pour les autres. Et ça ira. » Il y a dix-sept ans, c'était aussi la recette.



