Jacques Boncompain, organisateur d'une messe en hommage au maréchal Pétain à Verdun en novembre 2025, a été condamné mercredi à 5 000 euros d'amende pour « contestation publique de crime contre l'humanité ». Ses propos, tenus à la sortie de la cérémonie, affirmaient que Pétain avait « sauvé » des Juifs, suscitant une vive indignation.
Des propos jugés révisionnistes
Le 15 novembre 2025, devant des journalistes, Jacques Boncompain, président de l'Association pour défendre la mémoire du Maréchal Pétain (ADMP), avait déclaré : « Pétain a sauvé, devant témoins je peux le dire, au moins 700 000 juifs ». Ces affirmations, filmées et diffusées par L'Est républicain, ont été qualifiées par le tribunal de « minoration outrancière du nombre de victimes de la Shoah ».
Une condamnation exemplaire
Outre l'amende, le tribunal a ordonné l'affichage de la décision dans ses murs pendant deux mois, dans un but de « pédagogie et de prévention de la récidive ». La LICRA et l'Observatoire Juif de France ont salué une décision « exemplaire » alliant « fermeté et pédagogie », estimant que la justice française ne faiblit pas contre ceux qui nient ou minimisent la Shoah, même 80 ans après.
Relaxation partielle
Jacques Boncompain a été relaxé pour une autre phrase où il qualifiait Pétain de « premier résistant de France », faute d'éléments suffisants pour caractériser l'infraction. L'octogénaire, absent au délibéré, a déclaré avoir été condamné « sur des avis qui relèvent de la liberté d'expression » et n'a pas encore décidé s'il ferait appel.
Une thèse minoritaire
À l'audience en mars, Boncompain et ses témoins ont justifié leurs propos en citant quatre historiens soutenant la thèse selon laquelle Pétain aurait protégé les Juifs français, une vision largement contestée. Le tribunal a réfuté tout « traquenard », estimant que l'organisateur avait volontairement médiatisé l'événement pour attirer des adhérents.
Philippe Pétain, héros de Verdun en 1916, a dirigé le régime de Vichy collaborant avec l'Allemagne nazie. Il a été condamné à mort en 1945, peine commuée en prison à vie, et est mort en détention en 1951.



