David Rachline, maire RN de Fréjus réélu dès le premier tour en mars dernier, a pris l'habitude d'attaquer le journal Var-Matin et ses journalistes sur les réseaux sociaux chaque fois qu'il est contrarié par un article. Cette stratégie de délégitimation de la presse, conceptualisée et mise en pratique à grande échelle par Donald Trump, vise à discréditer les médias pour que leurs critiques soient ignorées.
Une stratégie empruntée à Donald Trump
« Vous savez pourquoi je fais ça ? Je le fais pour vous discréditer tous et vous rabaisser tous, afin que personne ne vous croie lorsque vous écrivez des articles négatifs à mon sujet », avait expliqué le président américain à une journaliste de CBS. Localement, David Rachline applique la même méthode : il attaque nommément les auteurs des articles pour les désigner à la vindicte des réseaux sociaux et prête au journal des intentions militantes pour tenter de le discréditer.
Durant la campagne des municipales, il avait missionné un de ses adjoints pour salir la réputation d'un journaliste de la rédaction locale. Depuis sa réélection, il poursuit ces attaques personnelles. Il y a un mois, il s'indignait qu'un compte rendu des débats du conseil d'agglomération cite les propos d'une élue d'opposition. Fin juin, il critiquait un article de décryptage sur les tarifs des abonnements de stationnement. En début de semaine, il n'a pas supporté que le journal donne la parole aux professionnels des zones d'activités après la suppression annoncée de la collecte des déchets. Hier encore, sur Facebook, il qualifiait Var-Matin de « canard de propagande d'extrême gauche ».
Une mission d'information sans parti pris
La rédaction du Groupe Nice-Matin assure pourtant sa mission d'information de proximité sans parti pris et dans le respect de la diversité des opinions. Elle entretient des relations professionnelles respectueuses avec des élus de tous bords, y compris avec les maires RN de communes comme Cagnes-sur-Mer, Menton, La Seyne-sur-Mer ou Six-Fours.
En piétinant un principe démocratique fondamental comme la liberté de la presse, David Rachline ne rend pas service à son parti. Il rappelle que la stratégie de dédiabolisation du FN engagée il y a vingt ans n'a pas permis de venir à bout de tous les réflexes d'extrême droite.



