CNews mise en demeure par l'Arcom pour un reportage sur Rachida Dati
CNews mise en demeure par l'Arcom pour reportage sur Dati

Le 9 juillet 2025, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a mis en demeure la chaîne CNews pour un reportage diffusé le 19 juin 2025, consacré à la ministre de la Culture, Rachida Dati. Selon le régulateur, ce sujet de deux minutes et demie, intitulé « Rachida Dati, la ministre qui dérange », présentait un caractère « univoque » en faveur de la ministre, en violation de l’obligation d’honnêteté et de rigueur de l’information.

Un reportage jugé partial par l'Arcom

Dans sa décision, l’Arcom estime que le reportage « ne laissait aucune place à la contradiction » et « donnait une vision exclusivement positive de l’action de la ministre ». Le régulateur relève notamment que les seules critiques émises à son encontre étaient formulées par des proches de celle-ci, sans donner la parole à des opposants ou à des observateurs indépendants. L’Arcom rappelle que l’article 2-1 de la loi du 30 septembre 1986 impose aux services de télévision de respecter une « honnêteté de l’information » et un « pluralisme de l’expression des courants de pensée ».

CNews conteste fermement

De son côté, CNews a réagi le 10 juillet par un communiqué, niant « toute intention éditoriale partisane ». La chaîne affirme que le reportage « s’inscrivait dans une série de portraits de personnalités politiques, sans parti pris ». Elle estime que la mise en demeure est « infondée » et se réserve le droit de la contester devant le Conseil d’État. Selon une source interne à la chaîne, « le reportage a été réalisé dans le respect des règles journalistiques, avec des interviews de plusieurs acteurs, dont des membres de l’opposition ».

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Un contexte de tensions récurrentes

Cette nouvelle mise en demeure s’inscrit dans un contexte de surveillance accrue de CNews par l’Arcom. Depuis 2021, la chaîne a été sanctionnée à plusieurs reprises pour des manquements au pluralisme et à l’honnêteté de l’information. En février 2025, elle avait déjà été mise en demeure pour des propos tenus par l’un de ses chroniqueurs. L’Arcom a également rappelé que le non-respect de ses obligations pourrait entraîner des sanctions plus lourdes, allant jusqu’à la suspension de la fréquence.

Réactions politiques

La mise en demeure a suscité des réactions contrastées. La ministre Rachida Dati, interrogée par France Info, a déclaré : « Je prends acte de la décision de l’Arcom, mais je n’ai sollicité aucune faveur médiatique. Mon travail parle pour moi. » De son côté, le député LFI Alexis Corbière a estimé que « CNews est un outil de propagande qui doit être sanctionné plus sévèrement ». Le Rassemblement national a dénoncé une « censure politique » visant à museler une chaîne indépendante.

Quelles conséquences pour CNews ?

La mise en demeure n’entraîne pas de sanction financière immédiate, mais elle oblige la chaîne à se conformer à ses obligations sous peine de sanctions plus lourdes. L’Arcom pourrait, en cas de récidive, infliger une amende ou réduire la durée de l’autorisation d’émettre. CNews dispose d’un délai de deux mois pour présenter ses observations. Selon un expert en droit des médias, « cette mise en demeure est un signal fort, mais elle ne remet pas en cause l’existence de la chaîne à court terme ».

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