Le maire LFI de Saint-Denis-Pierrefitte, Bally Bagayoko, a de nouveau été la cible de propos racistes sur CNews. Le 13 mai, lors de l'émission « L'Heure des pros » présentée par Pascal Praud, l'éditorialiste Vincent Hervouët a déclaré : « Sous Emmanuel Macron, la France a perdu l'Afrique. (...) On a perdu le Mali et on a monsieur Bagayoko en échange. » Il a également parlé de « maire malien à Saint-Denis ».
Une séquence sans réaction
Durant ce monologue, le plateau est resté muet. Pascal Praud a mollement corrigé : « Non, vous avez un maire français à Saint-Denis. » Mais Hervouët a poursuivi : « Oui, mais d'origine malienne. » Aucune autre réaction n'a été émise. La séquence n'a pas été diffusée sur les réseaux sociaux de la chaîne.
La réponse de Bally Bagayoko
Le 15 mai, Bally Bagayoko a publié un long message sur X pour répondre « avec calme, mais avec clarté ». Il rappelle qu'il est Français : « En me qualifiant de “maire malien en France”, vous dites à des millions de Français issus de l'immigration qu'ils resteraient éternellement renvoyés à une origine. » Il dénonce une « banalisation » qui « révèle une ligne éditoriale et un climat idéologique plus profonds ».
Des précédents racistes
Ce n'est pas la première fois que Bally Bagayoko est visé sur CNews. Le 27 mars, le psychologue Jean Doridot avait parlé de « tribu » et évoqué « homo sapiens » et « grands singes », entraînant une enquête pour injure publique à caractère raciste. Le lendemain, Michel Onfray avait prêté au maire une attitude de « mâle dominant ».
Une critique de la Françafrique
Dans son message, Bally Bagayoko revient également sur les propos de Vincent Hervouët concernant l'Afrique. Il estime que « le temps du paternalisme et des logiques postcoloniales est révolu » et appelle à une « nouvelle doctrine diplomatique » basée sur le respect. Concernant le Mali, il souligne que « le Mali n'a pas été “perdu” comme on perdrait un territoire. Le Mali est un Etat souverain. »
L'élu conclut : « Faire le parallèle entre cette situation géopolitique et mon élection comme maire révèle précisément le problème : l'idée persistante que des Français comme moi seraient toujours perçus à travers le regard de l'ancienne relation coloniale. Je refuse cette assignation. »



