Les backrooms ne sont pas seulement ces lieux plongés dans l’ombre et destinés à la sexualité discrète des communautés gay. Elles désignent aussi tout autre chose : une œuvre collective comme seul Internet a su en créer.
Une photo mystérieuse à l’origine du mythe
À l’origine, il y a une photo dont on ignore la source. Il s’agit de salles de bureaux abandonnées aux murs jaunâtres et à la moquette terne, éclairées par des néons : un lieu ordinaire et inexplicablement inquiétant. En mai 2019, cette photographie est associée, sur le forum 4chan, à un texte anonyme décrivant un espace sans fin dans lequel on pourrait se retrouver après avoir quitté accidentellement la réalité.
Une expansion collective et participative
À partir de ce simple post, la communauté en ligne a développé tout un univers : des niveaux supplémentaires, des entités hostiles, des règles de survie. Le phénomène a rapidement essaimé sur Reddit, YouTube et d’autres plateformes, donnant naissance à des centaines de récits et de créations visuelles. Selon les contributeurs du wiki dédié, plus de 200 niveaux ont été imaginés, chacun avec ses propres caractéristiques et dangers.
Un impact culturel durable
Les backrooms incarnent une esthétique de l’angoisse banale, mêlant nostalgie des années 1990 et horreur psychologique. Ce mythe moderne a inspiré des jeux vidéo, des courts-métrages et même des œuvres d’art. Il illustre la capacité d’Internet à générer des légendes contemporaines, sans auteur unique, portées par la créativité collective.



