Sylvie Boulard poursuit son exploration des époques passées avec la publication de Mystères dans les jardins de Bournazel, sixième tome des Mystérieuses aventures d’Ambroisine de Solages. Cet ouvrage de 400 pages, édité à compte d’auteur par les éditions Au-dessous du volcan, est vendu au prix de 16 euros. L’autrice le dédicacera le samedi 1er août, de 9 h à 12 h 30, à la librairie Bastide, où les lecteurs pourront également se procurer les tomes précédents de ses trois séries.
Car Sylvie Boulard ne cesse d’écrire. Elle est l’autrice de près de vingt-cinq livres répartis en trois grandes sagas. La première, Crimes en Rouergue, compte dix opus et situe l’action sous la troisième République, avec l’inspecteur Levasseur pour héros. Le dernier volume, Le Bougnat de la Bastille, est déjà paru. La deuxième, Le cercle Makaore, relève du fantastique et totalise six tomes. La troisième, consacrée à la Renaissance, suit les aventures d’Ambroisine de Solages, dont ce nouveau titre constitue le sixième épisode.
Dans chacun de ses romans, l’écrivaine mêle personnages réels et figures imaginaires. Elle appuie son intrigue sur des personnages qui ont existé et d’autres purement fictifs, ce qui lui permet de rester fidèle à l’Histoire tout en offrant une trame romanesque captivante.
Une héroïne plongée dans les guerres de religion
L’action de Mystères dans les jardins de Bournazel se déroule en 1584, en pleines guerres de religion. Ambroisine de Solages, jeune femme issue de la petite noblesse du Rouergue, réside alors dans son manoir d’Estaing. Elle est appelée à l’aide par l’une de ses sœurs : des enfants disparaissent autour de Bournazel, où se dresse l’un des plus remarquables châteaux Renaissance du sud de la France, entouré de magnifiques jardins.
« La famille de Solages a vraiment existé, précise Sylvie Boulard. C’étaient les seigneurs de Saint-Jean-d’Alcapiès et de Saint-Jean-d’Alcas. C’est une famille noble du Rouergue de l’époque qui, avec des alliances et des mariages, avait une certaine fortune. » Cette assise historique donne du poids à l’enquête menée par Ambroisine et son mari, lieutenant criminel à Estaing.
Ce dernier est lui-même sollicité par l’un de ses anciens compagnons d’armes, le baron Antoine de Buysson-Bournazel. Ce baron, qui a véritablement existé, fut sénéchal du Rouergue et combattit pour le roi. Or, il est sur le point de recevoir Jean-Louis de Lavalette, duc d’Épernon, l’un des mignons du roi Henri III. Il a également reçu des lettres de menace concernant ses trois fils, et craint qu’ils ne soient enlevés à leur tour.
Complots et disparitions au château
Le lecteur comprend vite que les disparitions d’enfants et la venue du duc d’Épernon pourraient être liées. Un complot semble se tramer autour de cette visite. Ambroisine et son mari enquêtent pour savoir ce qu’il se passe et empêcher un éventuel attentat contre le duc, dont dépend, selon le roman, l’avenir du royaume. « Je respecte le fond historique le plus possible mais c’est quand même du roman, explique Sylvie Boulard. J’invente des choses. Mais sur le fond, le duc d’Épernon a véritablement existé. Une fois Henri III mort, quand Henri IV monte sur le trône, il devient l’un de ses conseillers. C’était un homme très puissant, qui est parti de pas grand-chose et qui est devenu très puissant. »
Comme dans les tomes précédents, l’héroïne et son mari finissent par démêler les fils de l’intrigue. Mais avant d’y parvenir, ils doivent affronter de nombreux obstacles, entre manœuvres politiques et menaces directes. L’autrice en profite pour décrire la vie au XVIe siècle, les usages de la cour et les tensions religieuses qui traversent le royaume.
Les jardins de Bournazel, une leçon pour les princes
Le château de Bournazel, près de Rignac, n’est pas qu’un décor. Ses jardins, fameux pour leur beauté, étaient conçus à la Renaissance pour servir à l’éducation des princes. « La façon dont les parterres étaient conçus, avec les différents ornements, était une manière de faire une leçon de choses pour les princes, pour les jeunes nobles, détaille Sylvie Boulard. C’était pour leur apprendre la philosophie, la grandeur, la valeur, la morale. Tout cela était lié. Cela permet aussi de parler de l’arrivée de nouvelles plantes en France à la Renaissance. »
Ce cadre historique et symbolique donne au roman une dimension supplémentaire. La dédicace du samedi 1er août, de 9 h à 12 h 30, à la librairie Bastide, sera l’occasion de rencontrer l’autrice et de découvrir, ou redécouvrir, les aventures d’Ambroisine de Solages, ainsi que ses autres séries. Une belle occasion de plonger dans l’histoire du Rouergue.



