Patricia Jimenez, Christine Jullian et Marine Queval, professeurs bénévoles au Cercle andalou de Frontignan, transmettent bien plus qu'une danse : un héritage, des racines et un esprit de fête. La sévillane, danse reine de la Feria de Séville, coule dans leurs veines. « Rien ne détrône la sévillane », affirme Patricia Jimenez. Leur passion, née lors de vacances en Espagne, s'est transformée en un engagement de transmission qui dure depuis des décennies.
Des racines espagnoles à la découverte de la danse
Patricia et Christine ont découvert la sévillane lors de leurs vacances dans le sud de l'Espagne, chez leurs grands-parents. Christine se souvient : « Quand je regardais ces femmes, avec leurs belles robes, les fleurs accrochées dans leurs cheveux, leurs boucles d'oreilles et leurs bracelets, je n'avais qu'une envie, c'était de faire la même chose. » Patricia, elle, était enflammée par l'élégance des tenues et l'esprit de fête, ainsi que par les disques de chanteurs de sévillanes écoutés en boucle à Frontignan.
Marine, quant à elle, a découvert la sévillane à Frontignan lors des Journées andalouses, malgré ses origines andalouses. « Je viens pourtant d'une famille andalouse, mais qui ne danse pas. C'est en voyant le défilé des danseuses au marché le samedi matin que j'ai succombé », raconte-t-elle. Elle a alors arrêté la natation synchronisée de haut niveau pour se consacrer à cette danse.
De l'apprentissage à l'enseignement
Patricia a appris les rudiments de la sévillane à l'adolescence auprès d'une amie dans le village de ses grands-parents, mais c'est au Cercle andalou de Frontignan qu'elle l'a vraiment apprivoisée. « J'avais 15 ans quand j'ai rejoint le Cercle andalou. Ce sont Dominique Marques et Myriam Maigre qui m'ont appris la sévillane, avant de donner à mon tour des cours. Trente ans plus tard, j'y suis encore », confie-t-elle. Elle se souvient de sa première tenue achetée à Figueras, rouge unie à ruban vert : « Je l'ai toujours, mais je n'y rentre plus », plaisante-t-elle.
Marine a rejoint le Cercle en 2007, peu avant ses 18 ans, avec Patricia comme professeur. Elle a rapidement intégré le groupe d'élite, puis est devenue professeur deux à trois ans plus tard. Elle s'occupe aujourd'hui des enfants, qui la remercient par des câlins après les cours. Christine, qui rêvait d'apprendre la sévillane depuis toute petite, s'y est mise à la quarantaine. Elle a intégré le groupe d'élite, puis a secondé les professeurs avant d'enseigner seule deux ans après ses premiers cours. « J'ai donné ce jour-là tout ce que je pouvais donner, et cela s'est bien passé. Je n'ai plus cessé depuis », raconte-t-elle.
Un passage de relais chargé d'émotion
La sévillane offre à chacune une expérience intime. Pour Marine, la danser procure « la sensation d'être ailleurs », et l'enseigner permet de « créer et de fédérer les enfants autour de cette danse ». Christine dit simplement que « ça la prend au corps ». Patricia ajoute qu'en dansant, « on retrouve tout ce que l'on a vécu enfant avec notre famille en Espagne, la joie, l'été, le soleil, le partage ».
Enseigner est donc un juste retour de ce que la sévillane leur apporte. Chaque année, aux Journées andalouses, elles s'émerveillent des prouesses de leurs élèves. Elles partagent aussi une fierté commune : avoir transmis cette passion à leurs filles ou petites-filles. Leur implication est telle qu'elles se partagent également les cours de rumba et de fit gipsy, venus s'ajouter à ceux de sévillane.



