Scholastique Mukasonga : du jardin d'Éden à la cité des femmes
Scholastique Mukasonga : du jardin d'Éden à la cité des femmes

L'écrivaine rwandaise Scholastique Mukasonga, née en 1956 au Rwanda, a récemment accordé un entretien au Point à l'occasion de la parution de son nouveau roman, « La cité des femmes ». Dans cet ouvrage, elle explore la condition féminine dans un contexte post-génocide, mêlant fiction et réalité historique. Mukasonga, qui a perdu 37 membres de sa famille lors du génocide des Tutsi en 1994, a fait de la mémoire et de la résilience les thèmes centraux de son œuvre.

Une promenade symbolique entre deux mondes

L'interview, intitulée « Promenade avec Scholastique Mukasonga : du jardin d'Éden à la cité des femmes », conduit le lecteur à travers les lieux qui ont marqué la vie de l'auteure. Elle évoque le jardin d'Éden comme une métaphore de son enfance au Rwanda, avant que la violence ne vienne tout détruire. « Le jardin d'Éden, c'était mon pays avant le génocide. Un endroit paisible où les communautés vivaient en harmonie », confie-t-elle.

La cité des femmes : un espace de reconstruction

Son roman « La cité des femmes » met en scène un groupe de femmes qui, après le génocide, tentent de reconstruire leur vie dans un espace sécurisé. Mukasonga explique : « Ces femmes, ce sont des survivantes. Elles doivent faire face à la perte, mais aussi à la stigmatisation. La cité devient un lieu de solidarité et de renaissance. » L'ouvrage s'inspire de témoignages réels de femmes rwandaises, notamment celles qui ont été victimes de violences sexuelles pendant le génocide.

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L'importance de la mémoire

Pour Mukasonga, écrire est un acte de mémoire et de résistance. « Le génocide a été précédé d'une déshumanisation systématique des Tutsi. Les mots peuvent tuer, mais ils peuvent aussi guérir », affirme-t-elle. Son travail d'écriture vise à préserver l'histoire de son peuple et à lutter contre l'oubli. Elle cite le nombre de 800 000 morts en seulement 100 jours, un chiffre qui illustre l'ampleur de la tragédie.

Un parcours d'exil

Exilée au Burundi puis en France, Mukasonga a dû reconstruire sa vie loin de sa terre natale. Elle enseigne aujourd'hui la littérature et continue d'écrire en français, sa langue d'adoption. « L'exil m'a donné une perspective différente. Je peux regarder mon pays avec distance, mais aussi avec une profonde affection », explique-t-elle. Son œuvre a été récompensée par plusieurs prix, dont le prix Renaudot en 2012 pour « Notre-Dame du Nil ».

Un message d'espoir

Malgré la tragédie, Mukasonga insiste sur l'importance de l'espoir. « La cité des femmes » n'est pas seulement un roman sur la souffrance, mais aussi sur la capacité des femmes à se relever. « Elles inventent de nouvelles formes de vie, de nouvelles solidarités. C'est un message d'espoir pour l'humanité », conclut-elle. L'interview se termine sur une note optimiste, invitant le lecteur à réfléchir au pouvoir de la littérature pour panser les blessures de l'histoire.

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