Profils paysans de Depardon : une trilogie bouleversante à Mende
Profils paysans de Depardon : trilogie bouleversante à Mende

Le cinéma de Mende projette cette semaine les deux derniers volets de la trilogie Profils paysans de Raymond Depardon, une œuvre saluée comme un sommet du documentaire sur la paysannerie française. Cette projection s'inscrit en marge de l'exposition des photographies du maître au musée du Gévaudan, une initiative que le cinéma de Mende a eu l'heureuse idée de proposer.

Le Quotidien : une plongée dans l'intimité des vieux paysans

Après la rigueur austère du chapitre I, le chapitre II, intitulé Le Quotidien, se libère et va traquer ces vieux paysans dans leur plus stricte intimité. Le cinéaste rencontre quelques personnages extraordinaires, qu'il filme à hauteur d'homme, et enregistre à la fois la mélancolie de ce qui va disparaître – la paysannerie à l'ancienne – et l'espoir de la jeune génération. Un film très émouvant qui capte la transition entre deux mondes.

La Vie moderne : un chef-d'œuvre lyrique

Le dernier film, La Vie moderne, constitue le sommet de l'œuvre de Depardon. C'est un véritable chef-d'œuvre, où ne sont plus filmés que les fantômes d'un ancien temps, avec un lyrisme et une humanité qui transpirent de chaque plan. Les plans se font longuissimes, rappelant ainsi le travail de photographe du cinéaste, la nature est prégnante, la tristesse des choses qui meurent omniprésente.

Des personnages inoubliables et un autoportrait du cinéaste

On n'est pas près d'oublier ces deux frères dépassés par le monde moderne, cette famille agaçant un chien méchant, ce solitaire se nourrissant exclusivement de pâté et de chocolat, qui tous dessinent un possible autoportrait de Depardon en fils de la ruralité. Cette trilogie en clair-obscur, lyrique comme un roman de Giono, bouleversante, constitue l'ultime œuvre pour comprendre ce qu'était la paysannerie française il y a un demi-siècle. Les deux derniers volets passent cette semaine et ils sont tous les deux immanquables.