Une adaptation ambitieuse mais inégale
Au Théâtre du Vieux-Colombier, la nouvelle mise en scène de La Penthésilée de Heinrich von Kleist par Guillaume Vincent promettait un choc théâtral. La pièce, écrite en 1808, raconte l'histoire de la reine des Amazones, déchirée entre son devoir guerrier et sa passion amoureuse pour Achille. Le sang coule sur scène, mais l'émotion peine à emporter le public.
Un parti pris esthétique fort
Guillaume Vincent opte pour une scénographie minimaliste, mêlant sable rouge et lumières crues. Les comédiens, vêtus de costumes contemporains, incarnent avec rage les tourments de l'héroïne. La violence est omniprésente, mais elle semble parfois gratuite, noyant le texte dans un excès de symboles.
Des performances inégales
Si l'actrice principale, Sarah Lequimener, impressionne par son engagement physique, sa diction manque parfois de clarté. Les autres comédiens, en revanche, livrent une prestation plus sobre, mais la direction d'acteurs manque de cohésion. Le déséquilibre entre les interprètes affaiblit l'ensemble.
Une mise en scène qui divise
Le public semble partagé : certains saluent l'audace de la proposition, d'autres regrettent un spectacle trop cérébral. La pièce de Kleist, déjà difficile d'accès, n'est pas rendue plus limpide par cette adaptation. Le sang qui coule abondamment symbolise la folie destructrice de l'amour, mais la mise en scène peine à maintenir la tension dramatique.
En conclusion, La Penthésilée au Vieux-Colombier est un spectacle qui ne laisse pas indifférent, mais qui déçoit par son manque de nuances. Une expérience théâtrale à réserver aux amateurs de Kleist et aux curieux.



