Les mémoires posthumes d'Ozzy Osbourne, « Last Rites », sorties cet été chez Michel Lafon, valent leur pesant de pilules multicolores. L'ex-leader de Black Sabbath, disparu il y a un an, y dresse un bilan de santé alarmant, se décrivant comme « littéralement en train de se désintégrer ». Ce livre, à la croisée du traité médical et de la biographie Metal, offre un regard cru sur ses dernières années.
Un récit entre flashbacks et tournée fantôme
L'ouvrage narre les dernières années d'Ozzy à travers une série de flashbacks, avec en filigrane l'histoire d'une tournée d'adieu qui n'aura jamais lieu à cause de problèmes de santé. Cette tournée se mue en « Back to the Beginning », un festival apothéose organisé dans sa ville natale de Birmingham, qui a marqué l'hallali final pour le chanteur. Décédé quelques jours après cet événement, il laisse des mémoires que tout fan de Metal se doit de lire.
Le récit est ponctué d'anecdotes surprenantes, comme ce coup de fil d'Eddie Van Halen, ivre et en manque de chanteur, demandant à Ozzy de poser sa voix sur de nouveaux titres. On y découvre aussi les pratiques étranges d'un bassiste éphémère, Don Costa, décédé en 2024, qui plaçait une râpe à fromage à l'arrière de son instrument pour finir en sang sur scène. Ozzy le qualifie de « complètement taré » et avoue l'avoir viré.
Un corps qui se désintègre
Les problèmes de santé d'Ozzy ont commencé en 2019 avec des infections diverses, mais c'est une chute domestique au pied de son lit qui a précipité son déclin. « Je suis littéralement en train de me désintégrer », concède-t-il, énumérant colonne en miettes, Parkinson, emphysème, arythmie, caillots, et opérations à répétition. Il finit cloué dans un fauteuil roulant, se comparant à « Gollum ». « La mort frappe à ma porte depuis six ans. À un moment donné, je vais devoir la laisser entrer », se résigne-t-il.
Malgré tout, Ozzy a toujours profité du système médical, se faisant « prescrire toutes sortes de pilules par des médecins et des dentistes », ajoutant à cela un alcoolisme notoire et un nez qui « coulait comme un robinet à cause des montagnes de cocaïne sniffée ». Il avoue même avoir mobilisé un laboratoire pour séquencer son génome afin de comprendre « pourquoi certaines personnes sont plus vulnérables que d'autres aux abus ».
Un hommage appuyé et des révélations
Ozzy profite de ces pages pour rétablir certains faits. Il avoue page 173 n'être « pas musicien », reconnaissant que l'album « Bark At The Moon » doit l'essentiel de sa composition à Bob Daisley et Jake E. Lee. Il rend d'ailleurs un vibrant hommage à ce dernier, le conviant au concert final de Birmingham. Il évoque aussi son respect pour Brigitte Bardot, déclarant « Je comprends son combat » pour la cause animale, lui qui jadis mordait des chauves-souris sur scène.
Le livre est co-écrit avec Chris Ayres, déjà à l'œuvre sur la bio « I Am Ozzy » en 2010. Sa plume capture parfaitement le ton parlé d'Ozzy, entre pince-sans-rire british et humour noir, donnant toute sa saveur à cet ouvrage qui, à défaut de poésie, résonne d'outre-tombe.
Une sortie événement
« Last Rites - Mémoires d'outre-tombe » est disponible depuis cet été chez Michel Lafon, 384 pages, au prix de 20,95 euros. Un livre indispensable pour les fans de Metal, mais aussi pour ceux qui s'intéressent aux coulisses d'une vie hors normes, marquée par les excès et la résilience.



