Dans son nouveau roman Les Madeleines, l’écrivain français Pierre-Étienne Vandamme propose un récit autobiographique facétieux où la madeleine de Proust sert de fil conducteur à son parcours homosexuel. Publié aux éditions Gallimard, le livre mêle souvenirs d’enfance, anecdotes familiales et réflexions sur la sexualité, le tout saupoudré d’humour et de références littéraires.
Un narrateur gourmand et nostalgique
Le narrateur, alter ego de l’auteur, évoque sa découverte de la madeleine dès l’enfance, lors des goûters chez sa grand-mère. Ce petit gâteau devient un déclencheur de souvenirs, à l’image de la célèbre scène de Du côté de chez Swann. Mais chez Vandamme, la madeleine est aussi un prétexte pour parler de sa vie amoureuse et de son homosexualité, avec un ton léger et autodérision. « La madeleine, c’est un peu mon porte-bonheur, mon talisman, confie-t-il dans une interview au Monde. Elle m’a accompagné dans mes premiers émois, mes premiers chagrins d’amour. »
Une structure en chapitres-gâteaux
Le roman est divisé en 12 chapitres, chacun portant le nom d’une variété de madeleine : « à la vanille », « au chocolat », « à la fleur d’oranger », etc. Chaque chapitre correspond à une période de la vie du narrateur, de l’enfance à l’âge adulte. Vandamme y décrit avec précision les sensations gustatives et olfactives qui ravivent des souvenirs enfouis. « J’ai voulu jouer avec la madeleine de Proust, la détourner, la rendre plus charnelle, plus drôle », explique-t-il.
Un regard tendre sur la famille et la société
Au fil des pages, le narrateur dresse le portrait de ses proches : une mère aimante mais un peu envahissante, un père absent, une grand-mère complice. Il évoque aussi son coming out, vécu sans drame mais non sans appréhension. « Ma mère a pleuré, mais pas de tristesse, de joie, parce que j’étais enfin heureux », écrit-il. Le livre aborde également les clichés sur les homosexuels, qu’il désamorce par l’humour. « On me demande souvent si je suis plutôt sucré ou salé, dit-il en souriant. Je réponds que je suis plutôt madeleine. »
Un succès critique et public
Dès sa sortie, Les Madeleines a rencontré un vif succès, avec plus de 50 000 exemplaires vendus en trois semaines. La critique salue un texte « à la fois intime et universel, drôle et émouvant ». Pour l’écrivain et critique littéraire Jérôme Garcin, « Vandamme réussit le pari de parler de lui sans narcissisme, et de faire rire avec des sujets graves ». Le roman est également sélectionné pour le prix Goncourt du premier roman.
Une écriture entre Proust et Perec
Pierre-Étienne Vandamme, 34 ans, est un jeune auteur qui revendique l’influence de Marcel Proust mais aussi de Georges Perec, pour le goût des listes et des jeux de mots. Son style, vif et enlevé, mêle phrases longues et dialogues ciselés. « J’ai écrit ce livre comme on dévore une boîte de madeleines : sans modération », plaisante-t-il. Les Madeleines est son premier roman, mais il a déjà publié des nouvelles dans des revues littéraires.
Des madeleines pour tous les goûts
Le livre s’accompagne d’un site internet où les lecteurs peuvent partager leurs propres recettes de madeleines et leurs souvenirs associés. Vandamme envisage même d’organiser des dégustations littéraires dans des librairies. « La madeleine, c’est un objet de partage, conclut-il. J’espère que mon livre donnera envie aux gens de croquer dans la vie, et dans les petits gâteaux. »



