Alors que la France traverse une sécheresse historique, la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole du pays, a appelé les agriculteurs à ne pas respecter les restrictions d'eau imposées par les autorités. Dans un communiqué publié mercredi 22 juillet, le syndicat dénonce des mesures « injustes et inefficaces » qui pénalisent lourdement le monde agricole.
Un appel à la désobéissance civile
« Nous demandons à tous les agriculteurs de ne pas appliquer les arrêtés préfectoraux de restriction d'eau », a déclaré Patrick Legras, secrétaire général de la Coordination rurale. Selon lui, ces restrictions « ne tiennent pas compte des réalités du terrain et mettent en péril les récoltes ». Le syndicat estime que les agriculteurs sont les premières victimes de la sécheresse et qu'ils doivent pouvoir irriguer leurs cultures pour sauver leur production.
La Coordination rurale pointe du doigt le manque de stockage d'eau et l'absence de retenues collinaires, qu'elle juge indispensables pour faire face aux épisodes de sécheresse. « Depuis des années, nous alertons sur la nécessité de construire des réserves d'eau, mais rien n'est fait », a ajouté M. Legras.
Des restrictions jugées disproportionnées
Actuellement, 76 départements sont concernés par des restrictions d'eau, dont 28 en situation de crise. Les agriculteurs doivent réduire de 50 % leurs prélèvements dans certaines zones, voire les stopper totalement. La Coordination rurale estime que ces mesures sont disproportionnées et qu'elles compromettent la souveraineté alimentaire.
« On demande aux agriculteurs de produire plus, mais on les empêche d'irriguer. C'est incohérent », a souligné le syndicat. Selon lui, les restrictions d'eau devraient être adaptées à chaque filière et à chaque territoire, et non imposées de manière uniforme.
Réactions des autorités
Le ministère de la Transition écologique a rappelé que les restrictions d'eau sont décidées au niveau local, en fonction des ressources disponibles, et qu'elles visent à garantir l'accès à l'eau potable pour tous. « La situation est grave et nécessite des efforts collectifs. Nous comprenons les difficultés des agriculteurs, mais la sécurité sanitaire est primordiale », a déclaré un porte-parole.
Le ministre de l'Agriculture, quant à lui, a appelé au dialogue et à la responsabilité. « Je comprends l'inquiétude des agriculteurs, mais la désobéissance n'est pas une solution. Nous travaillons à des solutions structurelles pour améliorer le stockage de l'eau », a-t-il affirmé.
Un contexte de sécheresse inédit
Cette année, la France connaît une sécheresse précoce et sévère. Selon Météo-France, le mois de juin 2026 a été le plus sec depuis 1959, avec un déficit de pluie de 65 % par rapport à la normale. Les nappes phréatiques sont à des niveaux historiquement bas, et plusieurs communes sont déjà confrontées à des pénuries d'eau potable.
Les agriculteurs sont en première ligne : les cultures de maïs, de tournesol et de blé sont particulièrement touchées. La Coordination rurale estime que les pertes pourraient atteindre 30 % des récoltes si les restrictions se maintiennent.



