Premier long-métrage d’Henri-Georges Clouzot, « L’assassin habite au 21 » s’impose comme un classique du polar français, alliant humour noir et intrigue policière. Ce film de 1942, adapté du roman de Stanislas-André Steeman, est diffusé ce jeudi 27 août à 20h50 sur Ciné+ Classic et disponible à la demande sur myCANAL.
Un commissaire sous couverture dans une pension de famille
L’intrigue suit le commissaire Wens, chargé d’enquêter sur une série de meurtres étranges. Pour mener son enquête, il s’installe aux Mimosas, une petite pension de famille à Montmartre, sous une fausse identité. Les suspects défilent : une romancière, un militaire, un fakir, un boxeur aveugle, une faiseuse d’anges. L’ambiance est poisseuse à l’extérieur, dans des rues reconstituées en studio, et drolatique à l’intérieur, autour de la table familiale de la pension.
Le casting réunit des acteurs emblématiques du cinéma français : Tissier, Larquey, Roquevert, Gabriello, Bussières, Pérès, Gélin, Génin, Balpêtré. Pierre Fresnay tient le rôle principal, accompagné de Suzy Delair. Le film dure 1h20 et mêle jeu de piste et dîner de têtes, une formule qui en fait une « belle réussite », selon le critique François Forestier.
Un contexte historique trouble
Le film a été produit par la Continental, firme fondée par les nazis, dirigée par Alfred Greven, proche de Goebbels. Greven apparaît d’ailleurs dans le film dans le rôle d’un flic à vélo. Pierre Fresnay, alors connu pour des commentaires antisémites dans des reportages haineux, et Suzy Delair, qui admirait les Allemands, furent tous deux inquiétés à la Libération, tout comme Clouzot.
Malgré ce contexte, « L’assassin habite au 21 » demeure un classique, apprécié pour son esthétique soignée et son humour. Le film est disponible à la demande sur myCANAL.



