Dans son nouveau roman « Élizabeth va très bien », Julien Dufresne-Lamy explore la disparition de sa mère, décédée seule à Toulon. Un récit intime et bouleversant qu'il présentera lors de la Fête du livre d'Hyères ce week-end.
Un message sur les réseaux sociaux pour annoncer le décès
Tout commence par un simple message sur les réseaux sociaux, quelques mots pour annoncer la mort de sa mère. Malade, celle-ci s'était installée à Toulon, loin de son fils. Le romancier, qui avait pris ses distances pour se reconstruire, retourne sur les lieux pour comprendre les dernières années de cette femme et les zones d'ombre entourant sa disparition.
Un récit sans pathos
« Élizabeth va très bien » est un livre très personnel, porté par un récit poignant mais jamais misérabiliste. L'auteur y raconte son cheminement, de l'annonce du décès à la découverte d'une phrase laissée par un infirmier : « Élizabeth va très bien ». Cette phrase, comme un titre de roman, l'a poussé à écrire.
Pourquoi écrire sur sa mère ?
Interrogé sur sa démarche, Julien Dufresne-Lamy confie : « Cette démarche n'était pas évidente. J'ai mis quelques mois avant de me dire : ce livre, je n'ai pas très envie de l'écrire, mais je crois que je dois le faire, pour celle qui vient de partir. »
Pour lui, écrire ce livre a été une façon d'accepter une réalité qui lui paraissait irréelle. « Avant d'accepter le deuil, il fallait d'abord accepter une réalité absurde, étrange », explique-t-il. Habitué à écrire sur les autres avec une approche journalistique, il s'est senti peu légitime à parler de sa mère et de son enfance.
Redécouvrir sa mère à travers l'écriture
Au fil du récit, l'auteur redécouvre sa mère. « Je suis entré en littérature avec un premier roman sur l'alcoolisme de ma mère. Quinze ans plus tard, j'avais envie de lui redonner de la noblesse, de montrer qu'elle était une femme meurtrie par les hommes et la société. J'avais besoin de montrer qu'elle était abandonnée de tous, même de moi. »
Il ajoute : « Elle a connu une mort sociale, entérinée par les infirmiers, les docteurs. »
Une écriture à charge et à décharge
L'auteur souhaitait montrer la complexité de sa mère : « J'avais envie d'écrire sur une femme brillante, excessive, parfois insupportable et parfois incroyable. Montrer à la fois la lumière et l'ombre. »
Pour garder une certaine distance, il utilise systématiquement le prénom « Élizabeth » plutôt que « maman » ou « ma mère ». « Cette distance s'était déjà installée avec la maladie. L'appeler 'maman' aurait donné un ton autofictionnel ou misérabiliste, alors que je voulais raconter une femme, pas seulement une mère. »
Julien Dufresne-Lamy sera présent à la Fête du livre d'Hyères ce samedi 30 et dimanche 31 mai pour rencontrer ses lecteurs.



