Alors que l'ouverture de sa « Caverne » sur le Pont-Neuf à Paris – prévue le 6 juin mais reportée le temps de procéder à des réparations – attise les curiosités, le maître du trompe-l'œil et des tirages XXL entretient le mystère sur son identité et son parcours. Portrait recomposé.
Un artiste insaisissable
JR, 43 ans, se définit lui-même comme un « artiviste ». Derrière son chapeau et ses lunettes noires, il cache son visage et son histoire, laissant ses œuvres parler pour lui. Depuis plus de vingt ans, il tisse sa toile à travers le monde, de la cité des Bosquets de Montfermeil à la favela Morro da Providência de Rio de Janeiro. Ses tirages noir et blanc XXL, collés sur les murs et les toits, interrogent les passants sur les questions sociales et politiques.
La Caverne : un hommage à Christo
Au pied du Pont-Neuf, JR assure l'autopromotion de sa nouvelle performance visuelle : une installation gonflable immersive de 120 mètres de long et jusqu'à 18 mètres de haut. Cette « Caverne » se présente comme un hommage à l'emballage du Pont-Neuf par Christo et Jeanne-Claude en 1985. Endommagé le 2 juin par des intempéries, le dispositif n'a pas été inauguré le 6 juin comme prévu. La date d'ouverture au public n'a pas encore été communiquée.
Un réseau mondial
JR attire dans ses filets foules anonymes et VIP. Il a collaboré avec des célébrités comme U2, mais reste fidèle à sa démarche : donner une voix aux invisibles. Ses œuvres, souvent éphémères, sont autant de messages sur les inégalités, les migrations ou la liberté. L'artiste, qui refuse de se dévoiler, préfère que l'on parle de ses créations plutôt que de sa personne.
Alors que Paris attend de découvrir la Caverne, le mystère JR continue d'intriguer. Combien de fois dans une vie peut-on voir un pont de Paris s'effacer du paysage ? L'illusionniste, lui, reste masqué.



