Dans son dernier ouvrage, Guillaume Curtit invite à repenser notre rapport au travail et à l'oisiveté. Avec un ton incisif et souvent humoristique, il déconstruit l'idée que la productivité serait une vertu cardinale. Selon lui, la flemme n'est pas un défaut, mais une forme de résistance à un système qui exige une disponibilité permanente.
Un manifeste pour le droit à l'inaction
Curtit s'appuie sur des références philosophiques et littéraires, de Sénèque à Bartleby, pour étayer sa thèse. Il affirme que la pression sociale à être constamment actif est une construction moderne, liée au capitalisme. « La flemme est une forme de désobéissance civile », écrit-il, citant des exemples historiques de grèves du zèle.
L'essai, qui compte 200 pages, se veut accessible. L'auteur y mêle anecdotes personnelles et analyses sociologiques. Il raconte notamment comment il a lui-même été stigmatisé pour son rythme de vie jugé trop lent. « On m'a traité de paresseux, mais je revendique ce qualificatif », confie-t-il dans une interview.
Un plaidoyer contre la société de la performance
Guillaume Curtit critique la culture du « toujours plus », qui mène selon lui à l'épuisement collectif. Il souligne que le burn-out est devenu un problème de santé publique, avec 30 % des actifs français déclarant souffrir d'épuisement professionnel, selon une étude de 2022. Pour lui, la solution passe par une réappropriation de notre temps.
L'auteur propose des pistes concrètes, comme instaurer un revenu de base inconditionnel ou réduire le temps de travail sans perte de salaire. Il cite l'exemple de la semaine de quatre jours expérimentée en Islande, qui a amélioré le bien-être sans baisse de productivité.
Une réception mitigée mais un débat nécessaire
L'ouvrage divise. Certains critiques y voient une provocation stérile, d'autres un appel salutaire à ralentir. Sur les réseaux sociaux, le hashtag #TeamFlemme a été lancé par des lecteurs conquis. « Ce livre m'a libéré de la culpabilité de ne pas en faire assez », témoigne une lectrice sur Twitter.
Guillaume Curtit, qui se décrit comme un « fainéant militant », rappelle que la paresse a toujours été une source de créativité. Il évoque les siestes d’Einstein ou les flâneries de Rousseau. « L'oisiveté est la mère de l'invention », conclut-il, reprenant un adage populaire.
L'essai, publié aux éditions Le Tripode, est disponible depuis le 28 juin 2023. Il a déjà été réimprimé deux fois, signe d'un intérêt certain du public pour cette thématique.



