Éric Giacometti et Jacques Ravenne, maîtres du thriller ésotérique français, débarquent ce week-end au Festival du Livre de Nice avec leur nouveau roman, « L'Ultime Porte », publié aux éditions JC Lattès le 15 avril. Véritables phénomènes de librairie, traduits dans plus de quinze langues et lus par plus de huit millions de lecteurs, les deux auteurs font partie des 200 écrivains invités pour la trentième édition du festival.
Un thriller entre deux époques
Dans ce seizième volet des aventures du commissaire franc-maçon Antoine Marcas, les auteurs entrelacent deux temporalités. D'un côté, le Paris napoléonien de 1810, où le général Radet enquête sur une série de meurtres tandis que Napoléon rêve d'une capitale impériale monumentale. « Pendant l'épopée napoléonienne, l'empereur a la volonté de se suffire à lui-même par l'architecture », explique Jacques Ravenne. « C'est une idée que l'on retrouve dans tous les empires et les dictatures. Qui dit architecture monumentale, dit secrets ésotériques. » De l'autre côté, le Paris de 2025, où Marcas plonge dans l'univers des expériences immersives et de la manipulation cérébrale, abordant l'influence psychologique, l'intelligence artificielle et les réalités alternatives.
La réalité dépasse la fiction
Les deux auteurs puisent dans les archives historiques et les zones troubles du présent. Ils convoquent des figures réelles du Premier Empire, comme Napoléon, Talleyrand ou le général Radet, ainsi que le programme MK-Ultra, vaste projet secret de la CIA sur le contrôle mental dans les années soixante. « Parfois, la réalité est encore plus forte que la fiction », glisse Éric Giacometti. « Nos lecteurs peuvent vérifier beaucoup d'éléments historiques ou scientifiques que nous utilisons. Après, notre imagination prend le relais. » Cette frontière poreuse entre réel et imaginaire nourrit leur méthode d'écriture depuis plus de vingt ans : Jacques Ravenne se charge des recherches historiques, tandis qu'Éric Giacometti, ancien journaliste, travaille sur les décors contemporains. Ensemble, ils élaborent un plan rigoureux pour que le thriller « fonctionne comme une horloge ».
Venise, décor hanté
Parmi tous les décors du roman, Venise occupe une place centrale. Les auteurs explorent notamment le palais Ca'Dario, réputé comme l'un des lieux les plus hantés de la lagune. « Depuis la Renaissance, une succession de morts mystérieuses, de suicides et de disparitions entoure ce palais », raconte Éric Giacometti. « C'était un endroit idéal pour notre intrigue. » La face cachée de la cité des Doges, avec ses légendes et ses mythes, irrigue tout le récit.
Un futur thriller niçois ?
Habitués du festival azuréen, les deux auteurs entretiennent un lien fort avec la région. Le salon du livre de Nice servait déjà de décor à la fin de leur roman « La Clé et la Croix ». Jacques Ravenne confie tenir un carnet rempli de lieux niçois susceptibles d'alimenter un futur roman : le cimetière du château, les vestiges antiques, le monastère de Cimiez ou l'ancienne ville médiévale. « La probabilité augmente chaque année », sourit-il. En attendant, les lecteurs ont rendez-vous ce week-end pour percer les mystères de « L'Ultime Porte ». Les auteurs seront présents en débat samedi 20 mai à 15 h 30 au Forum des auteurs. Éric Giacometti reste jusqu'à samedi, Jacques Ravenne jusqu'à dimanche.



