Tom Harlix, DJ à Montpellier, gagne jusqu'à 3 500 euros par mois
DJ à Montpellier : Tom gagne jusqu'à 3 500 euros par mois

Tom Harlix, DJ et producteur installé à Montpellier, gagne désormais entre 2 500 et 3 500 euros par mois. Un revenu confortable qui contraste avec ses débuts précaires, où il a enchaîné les prestations mal rémunérées. « Pendant deux ans, j'ai gagné un smic, parfois moins », confie-t-il.

Un parcours atypique

Originaire de Dordogne, Tom Harlix était un passionné de rugby avant qu'une blessure ne l'oblige à arrêter le sport pendant près de deux ans. C'est au lycée, grâce à un camarade de l'internat, qu'il découvre la production musicale sur ordinateur. « J'étais celui qui faisait les playlists en soirée. Quand j'ai vu qu'on pouvait créer sa propre musique, je savais que je voulais en faire mon métier », raconte-t-il.

Cependant, ses parents, qu'il décrit comme « très terre à terre », lui demandent d'obtenir d'abord un diplôme et un métier stable. Tom décroche donc un DUT à Bordeaux, puis une licence en génie civil, avant de devenir chef de chantier chez Eurovia. « J'aimais ce que je faisais, mais dans un coin de ma tête, le plan a toujours été de vivre de la musique. »

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Le grand saut vers Montpellier

Pendant plusieurs années, il mène une double vie : la semaine sur les chantiers, les soirs et les week-ends à produire des morceaux chez lui. Le déclic survient pendant le Covid, lorsqu'il est placé en chômage partiel. « C'est là que j'ai compris que je préférais passer des journées à travailler dans la musique plutôt que sur un chantier. Je ne voulais plus que ma vie ressemble à ça. »

Il négocie une rupture conventionnelle, loue une voiture, charge quelques cartons et rejoint Montpellier pour intégrer DJ Network, une école spécialisée dans les métiers de la musique. « J'ai tout quitté du jour au lendemain. Je suis parti avec très peu d'argent et sans savoir si ça allait marcher. » Ses parents, d'abord réticents, finissent par le soutenir. « Pour eux, c'était un métier trop incertain. Aujourd'hui, ils sont fiers, mais il leur a fallu du temps pour accepter ma décision. »

Faire ses preuves

Après neuf mois de formation, Tom décroche une première opportunité au Grand Bazar, une boîte de nuit à Montpellier, avec laquelle il travaille toujours. Il commence par gérer les lumières, puis mixe les débuts de soirée, les fameux warm-up. « Beaucoup veulent directement être en haut de l'affiche. Moi, je pense qu'il faut passer par ces étapes. C'est là qu'on apprend vraiment le métier. »

Pendant deux ans, il enchaîne les prestations sans réellement parvenir à en vivre, mais refuse de dépendre financièrement de ses parents. « C'était mon choix. Je voulais assumer jusqu'au bout. Ils m'ont aidé ponctuellement quand c'était vraiment compliqué, mais je voulais réussir par moi-même. »

Un métier qui ne s'arrête jamais aux platines

Aujourd'hui, les soirées ne représentent qu'une partie de son travail. Tom prépare ses sets, compose ses propres morceaux, gère sa microentreprise. En parallèle, il développe sa carrière de producteur. L'un de ses morceaux approche déjà le million d'écoutes et il vient de sortir un EP. Avec son associé Romain Fairise, ils ont lancé Offsea, un concept de soirées électroniques sur un bateau à La Grande Motte, pour mettre en avant une scène plus underground. « On voulait apporter un peu de fraîcheur et créer des soirées qui nous ressemblent. »

Des revenus stables, mais variables

Tom Harlix vit pleinement de sa passion, mais il sait que le métier reste précaire. « Les cachets évoluent selon les établissements et le nombre de prestations. Il y a encore des périodes plus compliquées. Il faut accepter qu'il n'y ait jamais de salaire fixe. » Dans dix ans, il ne rêve pas forcément d'être une star internationale. « Si ça arrive, tant mieux. Mais ce n'est pas ce que je recherche. Je veux créer une communauté autour de ma musique et qu'on m'appelle pour ce que je crée. »

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Il envisage néanmoins de découvrir d'autres scènes, d'autres pays. « Je ne me vois pas faire toute ma carrière à Montpellier. J'ai envie d'aller plus loin, mais je veux le faire à mon rythme, sans brûler les étapes. » Après plusieurs années de sacrifices, il estime avoir trouvé son équilibre et ne regrette pas son choix. « Je veux qu'on m'appelle pour ma musique. Le reste viendra peut-être… Ou pas. Mais tant que je peux vivre de ce que j'aime, c'est le principal. »