Ce jeudi, pour la dernière rencontre de la saison, près de 500 personnes sont venues voir la romancière à succès Delphine de Vigan sur la scène de l’Ombrière. Organisée par la librairie de la Place aux Herbes, cette rencontre était animée par le journaliste Michel Labro. L’autrice, lauréate du prix Renaudot en 2015, était en Uzège pour présenter Je suis Romane Monnier, son dernier roman paru chez Gallimard, qui traite notamment de la question de la déconnexion.
De l'intime au romanesque
« Vous avez dit que si vous aviez une vie à revivre, vous choisiriez psychiatre. Pourquoi ? », lui a demandé l’animateur. « Je me rends compte qu’il y a pas mal de passerelles entre le métier d’écrivain et celui de psychiatre puisqu’on s’intéresse à l’âme humaine dans ce qu’elle a de plus fragile et de plus fort. »
Souvent, ses textes partent de quelque chose de très intime. « Concernant ce roman, c’était arrivé à mon fils il y a 10 ans. Il avait perdu son téléphone portable dans la neige en jouant avec des copains. On venait de lui acheter un nouveau téléphone, il est revenu avec le téléphone de quelqu’un d’autre. Il n’a jamais pu l’allumer, contrairement à Thomas le personnage, il n’avait pas les codes. À l’époque, je me suis dit qu’il y a quelque chose d’éminemment romanesque dans cette situation de se trouver avec le téléphone de quelqu’un. Puis ça s’est rangé dans un tiroir. Ça m’est déjà arrivé à d’autres reprises de ressortir du tiroir quelque chose qui y était depuis longtemps. »
La question de nos héritages numériques
Récemment, Delphine de Vigan s’est beaucoup interrogée sur les traces que nous laissons, ce que contiennent nos téléphones, toute cette vie intime, toutes ces traces tangibles, palpables que des gens continuent malgré tout de laisser.
« C’est une interrogation très intime qui m’a amené à écrire ce roman. Je me suis demandé qu’est-ce qu’on fait du téléphone de quelqu’un qui est mort ou qui disparaît ? Qu’est-ce qu’on va faire de tout ça ? Comme souvent d’ailleurs, les romans naissent parfois de questions dont je n’ai pas du tout la réponse », conclut la romancière.



