Christine van Geen : « Dans la romance, l'héroïne a le droit de désirer »
Christine van Geen : « Dans la romance, l'héroïne désire »

Peut-on être féministe et aimer les histoires à l’eau de rose ? La philosophe Christine van Geen, grande amatrice de romance et fan inconditionnelle de Jane Austen, répond par l’affirmative dans son nouvel essai Love Stories. Pourquoi les romances nous font du bien, paru le 7 mai aux éditions Les Arènes. Connue pour ses critiques de la culture qui entretient le mythe de l’allumeuse, elle analyse le succès grandissant de ce genre auprès des femmes à l’ère post-#MeToo.

Une réflexion sur le désir féminin

L’idée du livre est née de ses réflexions sur la manière dont le désir féminin est abîmé dans un monde patriarcal. « Dès que le désir s’éveille chez les jeunes filles, une honte s’installe en même temps », explique-t-elle. Pourtant, elle a observé une capacité très forte des femmes à résister à cette honte à travers la lecture de romances. Dans ces récits, l’héroïne a le droit de désirer et d’être désirante, sans culpabilité.

Romance et féminisme : une contradiction ?

Pour beaucoup, la romance est associée à des clichés : princesse en détresse, prince charmant, happy end. Mais Christine van Geen y voit au contraire un espace d’émancipation. « La romance permet aux femmes d’explorer leur désir dans un cadre sécurisé, loin du regard patriarcal », affirme-t-elle. Elle cite Jane Austen comme précurseure : ses héroïnes sont intelligentes, indépendantes et revendiquent leur droit à choisir leur partenaire.

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Un genre en plein essor

Le succès de la romance ne se dément pas : ventes de livres en hausse, adaptations cinématographiques, communautés de lectrices passionnées. Pour la philosophe, ce phénomène témoigne d’un besoin : « Les femmes ont soif d’histoires où leur désir est central et respecté. » Elle appelle à ne pas mépriser ce genre, souvent jugé « mineur », car il véhicule des messages puissants sur l’autonomie féminine.

Dans son essai, Christine van Geen mêle analyses philosophiques et anecdotes personnelles. Elle espère ainsi contribuer à une meilleure compréhension de ce que la romance apporte aux femmes : du plaisir, de l’espoir et une affirmation de leur subjectivité désirante.

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