Carolco Pictures : la folle histoire du studio derrière Rambo et Basic Instinct
Carolco Pictures : la folle histoire du studio culte

Dans les années 1980 et au début des années 1990, un petit studio indépendant a défié les géants d'Hollywood avec des films à gros budget et des stars surpayées. Carolco Pictures, fondé par Mario Kassar et Andrew Vajna, a produit des blockbusters comme Rambo et Basic Instinct, mais aussi des flops retentissants qui ont conduit à sa faillite. Retour sur une aventure cinématographique hors norme.

Des débuts modestes aux sommets du box-office

Tout commence en 1976, lorsque Mario Kassar et Andrew Vajna, deux distributeurs de films, fondent Carolco. Leur premier succès ? Rambo (1982), avec Sylvester Stallone, qui rapporte 125 millions de dollars pour un budget de 15 millions. Fort de ce triomphe, le studio enchaîne avec Rambo 2 : La Mission (1985) et Rambo 3 (1988), consolidant sa réputation de machine à hits.

Mais Carolco ne s'arrête pas là. En 1990, le studio produit Total Recall, avec Arnold Schwarzenegger, un film de science-fiction qui coûte 65 millions de dollars mais en rapporte 260 millions. L'année suivante, Terminator 2 : Le Jugement dernier (produit en partenariat) devient le film le plus cher de l'époque avec 102 millions de budget, mais explose tous les records avec 520 millions de recettes mondiales.

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Les excès qui ont tué le studio

Le succès monte à la tête des dirigeants. Mario Kassar et Andrew Vajna se lancent dans des projets toujours plus ambitieux et coûteux. En 1992, Basic Instinct, avec Michael Douglas et Sharon Stone, est un énorme succès (352 millions de dollars de recettes), mais les cachets des stars et les dépenses marketing grèvent les bénéfices.

Le tournant fatal survient avec L'Île aux pirates (1995), un film d'aventures avec Geena Davis et Matthew Modine. Budget : 98 millions de dollars. Recettes : à peine 70 millions. Le studio ne s'en remettra pas. Les dettes s'accumulent, les banques retirent leur soutien, et Carolco dépose le bilan en 1995.

Un héritage durable

Malgré sa chute spectaculaire, Carolco a marqué l'histoire du cinéma. Le studio a prouvé qu'un indépendant pouvait rivaliser avec les majors, mais aussi que l'excès de confiance et l'absence de contrôle des coûts peuvent être fatals. Aujourd'hui, les droits des films Carolco appartiennent à StudioCanal, et des projets de remake ou de suite sont régulièrement évoqués.

L'histoire de Carolco est une leçon pour l'industrie : le cinéma est un équilibre précaire entre ambition et prudence. Les noms de Kassar et Vajna restent associés à une époque où tout semblait possible, jusqu'à ce que la réalité rattrape le rêve.

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