Véronique Ovaldé et Philippe Besson publient chacun un récit personnel de leur jeunesse, offrant un double portrait de la France d'avant 2000. L'autrice de « Ce que je sais de Vera Candida » (prix Renaudot des lycéens 2009) revient avec colère sur la figure de son père, artisan peintre issu d'une famille basque, que sa mère épousa à 19 ans. Pendant toute sa jeunesse, Ovaldé rêva d'autres futurs pour sa mère, sans jamais la voir quitter un mari lecteur de « Mein Kampf » qui « n'a cessé de lui pourrir la vie ».
Un père décédé, une mère libérée
Le récit d'Ovaldé, intitulé « Vivre sans bonheur et n'en point dépérir » (formule empruntée à Colette), est d'autant plus touchant que sa mère est désormais libérée de cet homme, décédé il y a six ans. L'autrice, qui a grandi dans la banlieue parisienne, exprime une colère toujours perceptible face à cette figure paternelle.
Philippe Besson : enfance en Charentes et révélation
Philippe Besson, lui, a grandi à Lamérac, dans les Charentes, où son père était instituteur. Dans son nouveau livre, il raconte comment il a réussi à s'extirper, par l'écriture, d'une France provinciale et figée, et à révéler son homosexualité à ses parents. Il évoque ce parcours avec « une parfaite élégance », selon le journaliste Didier Jacob qui les a interviewés pour BibliObs.
Un entretien croisé sous la chaleur de juillet
Les deux écrivains ont été réunis par un jour caniculaire de juillet à la Société des Gens de Lettres, à Paris, le 8 juillet 2026, pour un entretien croisé. Tous deux ont choisi de se raconter à la première personne dans leurs ouvrages respectifs, explorant les traumatismes et les blessures mal cicatrisées de leur enfance. Leurs récits offrent un témoignage sur la France d'avant 2000, entre banlieue parisienne et village charentais.



