La parution de « Chronique d'un royaume perdu », la grande fresque mauricienne d'Ananda Devi, offre l'occasion de plonger dans une œuvre charnelle et engagée, marquée par une écriture sensuelle et une conscience aiguë des fractures sociales. L'écrivaine, née à Maurice, y explore les mémoires intimes et collectives de son île natale, entre violence, beauté et résistance.
Une fresque romanesque au cœur de l'île Maurice
Dans ce nouveau roman, Ananda Devi déploie une narration ample qui embrasse plusieurs générations et interroge l'histoire mauricienne, des plantations sucrières aux luttes contemporaines. La critique salue une œuvre où la langue se fait chair, où chaque page porte la marque d'un engagement sans concession. Selon le journal Le Monde, l'autrice « signe ici l'un de ses livres les plus aboutis », mêlant poésie et récit historique.
Le roman s'ouvre sur la disparition d'un royaume, celui des terres et des êtres que la modernité a effacés. Ananda Devi y dépeint des personnages pris dans les tourments de l'exil, de la domination et de la quête de dignité. La dimension charnelle de son écriture, souvent soulignée par la critique, se déploie dans des scènes d'une intensité rare, où les corps parlent autant que les mots.
Une œuvre engagée contre l'oubli et l'injustice
L'engagement d'Ananda Devi ne date pas d'hier. Depuis ses premiers textes, elle n'a cessé de dénoncer les inégalités, le racisme et le poids des traditions. Avec « Chronique d'un royaume perdu », elle poursuit ce combat en donnant voix à celles et ceux que l'histoire officielle a réduits au silence. Le livre est aussi une réflexion sur la mémoire, sur ce qui se transmet et ce qui se perd.
La critique du Monde souligne que l'autrice « ne cède jamais à la facilité », préférant la complexité des ambivalences aux certitudes manichéennes. Son écriture, à la fois lyrique et incisive, fait de ce roman un miroir tendu à une île Maurice en pleine mutation, tiraillée entre traditions et modernité.
Une consécration pour une voix majeure des lettres francophones
Ananda Devi, dont l'œuvre est traduite dans de nombreuses langues, s'impose aujourd'hui comme l'une des voix les plus singulières de la littérature francophone. « Chronique d'un royaume perdu » paraît chez un éditeur de premier plan et devrait confirmer son statut sur la scène littéraire internationale. La réception critique est d'ores et déjà enthousiaste, saluant un texte qui conjugue exigence formelle et urgence politique.
Le roman, qui compte 384 pages, est disponible en librairie depuis le 21 août 2026. Il a été sélectionné pour plusieurs prix littéraires de la rentrée, selon les informations du Monde. Une tournée de lectures publiques est prévue en France et à l'île Maurice à l'automne, offrant au public l'occasion de rencontrer cette autrice qui fait de la littérature un acte de résistance.



