Bastien Bouillon, l'acteur qui va là où ça fait mal
Bastien Bouillon, l'acteur qui va là où ça fait mal

Bastien Bouillon, acteur français de 37 ans, s'impose comme l'un des visages les plus marquants du cinéma et des séries françaises. Après des seconds rôles remarqués dans « La Fièvre » (Canal+) et « Le règne animal » (César 2024 du meilleur film), il révèle dans un entretien au Point sa méthode de travail, faite d'engagement total et d'acceptation de la douleur.

Un acteur qui ne recule devant rien

« J'ai toujours été attiré par les personnages qui ont une fragilité, une faille. C'est là que je peux m'accrocher », confie Bastien Bouillon. Dans « La Fièvre », série de Canal+ écrite par Éric Benzekri, il incarne un homme politique pris dans un engrenage médiatique et judiciaire. Pour ce rôle, il a perdu 10 kilos en deux mois, suivant un régime strict et des séances de sport intensives. « Je voulais ressentir physiquement l'épuisement du personnage. La douleur est un outil de jeu », ajoute-t-il.

Cette approche physique n'est pas nouvelle pour lui. Dans « Le règne animal », de Thomas Cailley, il jouait un père dont la femme se transforme en créature hybride. Le tournage, exigeant, l'a obligé à passer des heures dans des prothèses en silicone, sous une chaleur accablante. « J'ai eu des brûlures au visage, mais c'était nécessaire pour la crédibilité du film », explique-t-il.

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Un parcours atypique et une reconnaissance tardive

Bastien Bouillon n'a pas suivi la voie classique des écoles de cinéma. Après une licence de philosophie à la Sorbonne, il intègre le Conservatoire de Paris (CNSAD) en 2010. Il y rencontre le metteur en scène Christophe Honoré, qui lui offre son premier rôle au théâtre. « Le théâtre m'a appris la rigueur. Au cinéma, on peut tricher, mais sur scène, tout se voit », souligne-t-il.

Sa carrière décolle véritablement en 2022 avec « La Nuit du 12 », de Dominik Moll, où il incarne un policier obsédé par une affaire de meurtre. Le film, récompensé par six César, lui vaut une nomination au César du meilleur espoir. « Ce film a changé ma vie. Les gens m'arrêtent dans la rue pour me parler de cette affaire », raconte-t-il.

Des choix de rôles guidés par l'instinct

L'acteur revendique une sélection intuitive de ses projets. « Je ne fais pas de plan de carrière. Je choisis les histoires qui me touchent, les réalisateurs avec qui j'ai envie de travailler. » Il cite notamment le réalisateur Dominik Moll, avec qui il a tourné deux films, et la réalisatrice Rebecca Zlotowski, pour « Les enfants des autres » (2022).

Pour l'avenir, Bastien Bouillon prépare un projet de série avec Canal+, dont il ne peut pas dévoiler les détails. « C'est une histoire d'espionnage, très politique. Je vais devoir apprendre le russe », annonce-t-il. Il confie également son envie de passer à la réalisation. « J'écris un scénario depuis deux ans. C'est un film sur la mémoire et la transmission. »

Un rapport à la célébrité assumé

Malgré une notoriété croissante, Bastien Bouillon reste discret. « Je ne suis pas sur les réseaux sociaux. Je ne veux pas que mon image de marque prenne le pas sur mon travail d'acteur », affirme-t-il. Il vit à Paris, dans le 11e arrondissement, et se déplace à vélo. « La célébrité, c'est un outil. Si elle peut servir à faire connaître des films engagés, tant mieux. »

Son prochain film, « La plus belle ville du monde », de Jean-Pierre Jeunet, sortira en 2025. Il y incarne un architecte idéaliste. « C'est un rôle très différent, plus lumineux. J'avais besoin de légèreté après des rôles lourds », conclut-il.

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