Depuis 2020, Matthieu Mazères, alias Monsieur Houblon, sillonne les routes du Gard rhodanien à bord de son beer truck, un bar à bières ambulant. Son objectif : dynamiser les petites communes et promouvoir les bières artisanales locales. Chaque semaine, il participe aux « Dredis d’été », un événement qui l’amène dans trois villages différents, contribuant ainsi à l’animation du territoire.
Un parcours vers la liberté
Après une longue carrière dans la restauration, Matthieu Mazères a choisi de créer son propre concept en 2020. « J’ai voulu ouvrir un bar à ma façon et ne pas être coincé entre quatre murs. Je me suis dit que j’allais aller voir directement les clients qui n’ont pas de commerce ou bars à proximité de chez eux », explique-t-il. Cette initiative répond à un besoin réel : de nombreux habitants des zones rurales n’ont pas accès à des établissements de ce type.
Son beer truck lui permet d’aller à la rencontre des consommateurs, là où ils se trouvent, et de créer du lien social. C’est une approche novatrice qui séduit les villages du Gard rhodanien, souvent délaissés par les circuits traditionnels.
Promouvoir le savoir-faire local
Au-delà de l’animation, Monsieur Houblon souhaite rééduquer le palais des consommateurs. « Il faut refaire une part d’éducation sur la bière. On est habitués à boire celles des grands groupes (Heineken, Carlsberg…). La bière artisanale se développe petit à petit. On doit faire la promotion du savoir-faire local et français. Il faut découvrir et essayer », insiste-t-il.
Cette démarche s’inscrit dans un mouvement plus large de valorisation des producteurs locaux. En mettant en avant des brasseurs indépendants, il contribue à diversifier l’offre et à soutenir l’économie de proximité.
Un réseau de 32 brasseurs
Depuis six ans, le Spiripontain a rencontré pas moins de 32 brasseurs. « J’ai travaillé avec des brasseurs locaux des villages du Gard rhodanien mais pas seulement. Je me limite à un rayon de 110 km, du sud de Valence jusqu’à Montpellier », précise-t-il. Cette zone géographique lui permet de proposer une grande variété de bières tout en maintenant une empreinte carbone réduite.
Dans son beer truck, Monsieur Houblon propose majoritairement des pressions et très peu de bouteilles. « Pour les bières, je n’en vends plus, c’était trop cher. Les seules bouteilles que j’ai, c’est pour le sans alcool comme le Kombucha de Pont-Saint-Esprit par exemple », ajoute-t-il. Cette stratégie lui permet de réduire les coûts et de se concentrer sur l’essentiel : la qualité et la fraîcheur des produits.
Les « Dredis d’été » : un succès grandissant
Actuellement, Matthieu Mazères participe aux « Dredis d’été ». Chaque semaine, il se rend dans trois villages différents du Gard rhodanien. Six communes sont représentées : Gaujac, Carsan, Vénéjan, Verfeuil, Laudun-l’Ardoise et Saint-Laurent-de-Carnols. « Cette année, on va aussi tester Saint-Victor-la-Coste. Si ça fonctionne, on pourra l’inclure dans la boucle pour 2027 », confie-t-il.
Les « Dredis d’été » ont lieu de fin mai à fin août. Cet événement permet de rassembler les habitants et de créer une animation régulière pendant la saison estivale. C’est une occasion unique de découvrir les richesses du terroir local dans une ambiance conviviale.
Un modèle économique porteur
Le concept de beer truck s’avère économiquement viable. En réduisant les frais fixes liés à un local, Matthieu Mazères peut investir davantage dans la qualité des produits. De plus, cette mobilité lui permet de toucher une clientèle variée et de fidéliser les consommateurs au fil des événements.
Ce modèle inspire d’autres entrepreneurs. En effet, face à la crise viticole, certains vignerons se lancent dans la bière artisanale pour diversifier leurs revenus et séduire une nouvelle clientèle. Le beer truck de Monsieur Houblon est un exemple de réussite qui démontre qu’il est possible d’allier passion, liberté et développement local.



