Au son de l'accordéon, les membres de Lo Gantieirèlo, vêtus de tenues traditionnelles d'ouvriers mégissiers et d'ouvrières gantières, ont défilé dans les rues de Millau ce dimanche 26 juillet. La procession, partie de la place Foch, portait les statues de Sainte Anne, Saint Jean-Baptiste et Saint Joseph, avant de rejoindre l'église du Sacré-Cœur où plus de 200 paroissiens et visiteurs ont assisté à la messe.
Une procession traditionnelle pour honorer la patronne des gantiers
La Fête de la Sainte-Anne, patronne des gantiers et des mégissiers, a été marquée par un cortège traversant le marché aux puces du boulevard Sadi-Carnot jusqu'à la place du Mandarous. Cette sixième édition s'inscrivait dans l'Année internationale des agricultrices, mettant à l'honneur le rôle des femmes dans l'élevage, l'artisanat et la préservation des patrimoines vivants. Cinq trophées de la Sainte-Anne ont été remis à des exploitantes engagées dans la transmission de ces savoir-faire.
La matinée s'est achevée par le partage d'une fouace géante et des danses traditionnelles interprétées par Lo Gantieirèlo, renforçant la convivialité de l'événement.
Une candidature à l'Unesco très attendue
Au-delà de la fête, cette édition reste étroitement liée à la candidature des "Savoir-faire liés à la ganterie en Pays de Millau" au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco. Le dossier sera examiné en septembre par le ministère de la Culture, qui doit désigner une des cinq candidatures françaises présentées à l'Unesco. "Nous sommes en concurrence avec le Cognac, les bistrots, les bouquinistes de Paris et le carnaval de Guyane. Le ministère nous a déjà confirmé la solidité de notre dossier, donc nous restons confiants", explique Olivier Fabre, maître gantier et président de l'association Sauvegarde du patrimoine culturel immatériel du Pays de Millau.
La candidature millavoise est l'une des cinq finalistes pour représenter la France lors de la session 2027-2028 de l'Unesco. Le verdict est attendu à la mi-septembre.
Transmettre un patrimoine vivant
Disparue dans les années 1970, la Fête de la Sainte-Anne a été relancée en 2020 par l'association pour accompagner cette candidature et remettre en lumière l'histoire de la ganterie millavoise. "Que notre candidature soit retenue ou non, nous poursuivrons cette célébration chaque année. Notre objectif est avant tout de transmettre ce patrimoine", assure Olivier Fabre, quatrième génération de gantiers dans sa famille.
Pour le maître gantier, une éventuelle inscription à l'Unesco ne représenterait pas seulement une distinction honorifique. "Ce ne sera pas un trophée posé sur une étagère. Nous voulons faire de Millau une référence du cuir et de la laine, en lien avec l'élevage", confie-t-il. La fête a ainsi démontré la vitalité d'un savoir-faire qui implique tout un territoire, des éleveurs aux artisans.



