Mont-de-Marsan 1977 : Quand le festival punk électrisait les arènes landaises
Festival punk de Mont-de-Marsan 1977 : frissons et chaos

Mont-de-Marsan 1977 : Le festival punk qui a secoué les arènes landaises

Les 5 et 6 août 1977, la seconde édition du festival punk a électrisé la cité landaise de Mont-de-Marsan, créant un événement mémorable dans l'histoire de la musique alternative. À l'occasion des 50 ans du groupe The Damned, célébré le 11 avril 2026 à Londres, nous republions les articles d'époque pour revivre ces moments intenses.

Les délires apocalyptiques de The Damned

Côté scène, le marathon de la punkitude montoise a offert trois grands frissons. Le vendredi soir, The Damned a livré le moment le plus fou du festival, à la fois drôle et désespéré. Ce groupe anglais a fait de l'éréthisme sa seule raison d'être, se déchirant en invraisemblables fulgurances haineuses, condamné à un délire perpétuel.

Il est difficile de parler de musique à son propos. Il s'agit plutôt d'une mise en scène d'un désordre total, où bruits, lumières, mots et corps se bousculent dans une urgence qui évoque l'apocalypse. Le chanteur, un androgyne maquillé à l'image des damnés nazis de Visconti, mène ce bal des maudits avec une énergie triste, convulsive, cruelle et méprisante.

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Un tel déchaînement a incendié l'arène, où le public, d'abord exubérant, s'est soudain pétrifié, tétanisé, lorsque le batteur Rat Scabies a jeté les micros aux étoiles et détruit les instruments après ce rite halluciné.

Autres performances et tensions backstage

Doctor Feelgood, vedette consacrée et plus cher (20 000 francs contre 4 000 pour The Damned), a déçu. Ses musiciens ont d'abord livré bataille en coulisses avec The Jam, à coups de poing, pour des questions de préséance. Leur rock sur scène a paru mou, et leur attitude, moins punk, contrastait avec celle de The Damned, qui crachait sur le public.

D'autres artistes comme The Clash et Little Bob Story étaient en forme, tandis que Lou Reed, un ancêtre de plus de 25 ans, était programmé hors festival, séjournant chez Guérard à Eugénie-les-Bains.

La foule et l'ambiance frénétique

Côté foule, on a noté une densité et une relative bonne conduite. Environ 3 000 spectateurs le vendredi 5 août 1977, et presque le double le samedi. Certains n'ont pas payé leur place, laissant des stigmates comme des barreaux arrachés et des portes enfoncées, normal pour un festival punk.

Sur la piste des arènes, transformée en cratère frénétique, des personnes de tous âges, y compris des plus de trente ans, s'enflammaient au même titre que les jeunes. Un magma de poussière, fumée, cris, odeurs, colliers phosphorescents et lumières syncopées créait un tourbillon de corps et visages hagards mais heureux.

La ville face à l'invasion punk

Pour l'hébergement, tout a été bon : voitures, bords de la Midouze, bancs publics, plein air. Le camping municipal a été envahi, obligeant la municipalité à ouvrir une clairière pour les punks, afin d'éviter les conflits avec les vacanciers traditionnels. Les fontaines publiques ont été très fréquentées.

Des vols mineurs ont été signalés, et dans les hôtels, journalistes, musiciens et bourgeois venus s'encanailler se croisaient. Les tensions entre groupes étaient vives, avec des bagarres comme celle entre The Clash et The Damned dans un hôtel.

Le look punk : un laisser-aller calculé

Pas d'uniforme, mais des tendances : noir chic, lunettes noires, épingles à nourrice et accrocs aux vêtements pour choquer. Un punk pur privilégie le comportement effrayant sur le vestiaire. J'ai croisé un adolescent couvert de graffitis orduriers, badges punk, lames de rasoir et symboles sanguinolents sur son poitrail.

Un public finalement discipliné

La fête s'est déroulée de façon plus convenable que prévu. Bien sûr, il y a eu des coups de couteau, bagarres et consommations de drogues, mais ces cas étaient isolés. Il serait coupable de généraliser, car le racisme anti-jeunes repose souvent sur des caricatures.

En parlant aux punks, aucun ne m'a renvoyé sur les roses ; ils semblaient contents de se confier. Un leader de groupe français a résumé : Au temps des Stones, l'alternative était le rock ou l'usine, maintenant c'est le rock ou le chômage.

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Ce festival reste un témoignage vibrant d'une époque où la contre-culture punk a explosé dans les Landes, laissant une empreinte indélébile sur Mont-de-Marsan et ses habitants.