Le Festival d'Avignon bat son plein et, parmi les spectacles attendus, «Nous» de la compagnie Les Cambrioleurs se distingue par son approche du paradoxe du hérisson. Cette œuvre, mise en scène par Johanny Bert, tente de dépeindre les relations humaines à travers la métaphore des hérissons qui, pour se réchauffer, doivent s'approcher mais risquent de se piquer. Pourtant, la pièce semble manquer de mordant, laissant le public sur sa faim.
Une métaphore bien connue mais mal exploitée
Le paradoxe du hérisson, popularisé par le philosophe Arthur Schopenhauer, illustre la difficulté des relations humaines : la proximité nécessaire peut causer de la souffrance. Dans «Nous», Johanny Bert tente de traduire cette idée sur scène, mais le résultat est trop timide. Les comédiens évoluent dans un décor minimaliste, mais les interactions manquent de tension. Selon le critique Jean-Pierre Thibaudat, «la pièce reste en surface, comme si les acteurs craignaient de vraiment se piquer».
Un jeu d'acteurs correct mais sans étincelle
Les interprètes, menés par Julie Bertin et Léo Cohen, livrent une performance honnête mais sans éclat. Leur jeu est juste, mais il manque de cette étincelle qui rendrait la métaphore vivante. Les dialogues, écrits par Johanny Bert, sont parfois poétiques mais souvent plats. Le spectateur peut ressentir une certaine frustration face à ce potentiel inexploité.
Une mise en scène qui manque de relief
La mise en scène de Johanny Bert privilégie la douceur, avec des lumières tamisées et une musique apaisante. Cependant, cette approche adoucit trop le propos. Le paradoxe du hérisson appelle une certaine âpreté, une confrontation qui fait défaut ici. Les moments de tension sont trop rares et trop brefs pour marquer les esprits.
Un public partagé
À la sortie de la salle, les avis sont mitigés. Certains spectateurs apprécient la délicatesse du spectacle, tandis que d'autres regrettent un manque de profondeur. «C'est joli, mais ça ne m'a pas vraiment touché», confie une spectatrice. Un autre ajoute : «J'attendais plus de mordant, vu le sujet.»
Conclusion : une pièce à voir pour sa douceur, mais pas pour sa force
«Nous» reste une tentative intéressante mais inaboutie d'explorer le paradoxe du hérisson. Johanny Bert semble avoir voulu éviter la piqûre, mais en faisant l'impasse sur la douleur, il prive son œuvre de sa raison d'être. Pour les amateurs de théâtre doux, la pièce peut plaire, mais pour ceux qui cherchent une réflexion plus incisive, mieux vaut passer son chemin.



