Des joggeurs longent le boulevard de la Garoupe en petites foulées. Tout à coup, un moteur vrombit. Une moto, enfourchée par deux hommes, débarque rapidement, les frôlant. La scène se passe vendredi 3 juillet, vers 21 heures. Filmée par Giovanni. Des images comme celles-ci, il n'en manque pas. À son grand regret.
Une « zone de non-droit » dénoncée par les habitants
« Comment cette portion de route n'a pas encore été sécurisée ? », dénonce le résident du cap d'Antibes. Certes, il reconnaît que des écluses ont été placées. Mais selon lui, ces aménagements ne sont pas efficaces : « La plupart du temps, il n'y a pas de voiture qui s'y croisent donc la voie est libre et, s'il y a une voiture arrêtée, les motos passent sur la voie cyclable sur le côté. »
À ce titre, il a adressé un courrier à la préfecture pour réclamer davantage de sécurisation. « Les rodéos sont monnaie courante, c'est pratiquement quotidien, en soirée surtout. On voit ces gens en deux-roues passer, repasser encore, en roulant très vite. C'est comme s'ils se sentaient dans un jeu vidéo. » Certains prennent même d'autres risques à « faire des roues levées ». Excédé, le riverain dénonce : « Ici, il n'y a pas de radars, il n'y a pas de feux rouges, il n'y a pas de police, c'est ce que j'appelle une zone de non-droit. » Il résume : « Le cap d'Antibes, c'est un circuit automobile avec un accès libre. »
Des trajets répétés et des appels à des mesures radicales
Pour cet autre riverain, qui a préféré rester anonyme, le constat est le même : « L'avenue André-Sella est devenue la ligne droite de leur compétition. » Il connaît par cœur le trajet effectué par ces amateurs de vitesse : « Ils partent de la Salis, font le tour du côté est, remontent Sella, et y retournent 3 ou 4 fois pour faire leur tour. » Lui aussi souhaiterait des actions plus offensives de la part des pouvoirs publics : « Il faut mettre des ralentisseurs vissés tous les 30 mètres. Là, ils ne viendront plus. »
La municipalité mise sur les aménagements et les caméras
Contactée, la municipalité rappelle les aménagements « destinés à apaiser durablement la circulation ». Ces travaux ont pour « objectif de casser les longues lignes droites favorisant les accélérations et d'imposer une vitesse plus régulière sur l'ensemble du parcours ». À savoir : trois ralentisseurs au niveau de la plage de la Salis, un plateau surélevé avec une écluse, boulevard de Bacon, et deux plateaux avec une autre écluse, boulevard de la Garoupe. La Ville avance également la couverture en caméras du cap d'Antibes, par 25 appareils : « Si ces équipements ne permettent pas encore de verbaliser automatiquement les excès de vitesse, les évolutions législatives récentes permettront, à terme, le déploiement de caméras verbalisatrices, afin de renforcer encore la lutte contre les comportements dangereux. » La présence des agents est également un engagement pour la collectivité, qui indique poursuivre « le renforcement des contrôles de la police municipale en matière de vitesse, d'alcoolémie et de conduite sous l'emprise de stupéfiants ».



