Le Pavillon Populaire de Montpellier accueille jusqu'au 27 septembre une exposition inédite intitulée « Premières fois ». Celle-ci retrace deux siècles d'innovations photographiques, depuis les premiers daguerréotypes jusqu'aux images numériques contemporaines. Avec plus de 300 œuvres issues de collections publiques et privées, l'événement se présente comme une véritable odyssée visuelle, ponctuée de découvertes techniques et esthétiques qui ont façonné notre rapport à l'image.
Un parcours chronologique et thématique
L'exposition est organisée en sept sections, chacune illustrant une « première fois » marquante : le premier portrait, le premier cliché de presse, la première photo couleur, le premier selfie, etc. Les visiteurs peuvent ainsi suivre l'évolution des pratiques et des usages, de la pose longue des débuts à l'instantanéité du numérique. Selon les commissaires, « cette approche permet de montrer comment chaque innovation a bouleversé notre façon de voir le monde et de nous y inscrire ».
Parmi les pièces maîtresses, on compte un daguerréotype de 1839, prêté par le musée Nicéphore Niépce, ainsi qu'un tirage unique du premier photomaton jamais réalisé. Des appareils historiques et des archives filmées complètent le dispositif, offrant une expérience immersive et pédagogique.
Des œuvres rares et des prêts exceptionnels
L'exposition bénéficie de prêts exceptionnels de grandes institutions telles que la Bibliothèque nationale de France, le Musée d'Orsay et la George Eastman House. Certaines œuvres n'ont jamais été montrées en France, comme une série de calotypes de William Henry Fox Talbot datant des années 1840. Les organisateurs soulignent la rareté de ces pièces, qui témoignent de la fragilité et de la préciosité des premiers supports photographiques.
Le parcours met également en lumière des pionnières méconnues, comme la Britannique Anna Atkins, qui publia en 1843 le premier livre illustré de photographies. Une place particulière est réservée aux usages amateurs et vernaculaires, avec des albums de famille et des cartes postales qui racontent l'histoire intime des sociétés.
Un dialogue entre passé et présent
L'exposition ne se limite pas à une rétrospective : elle propose un dialogue entre les images d'hier et les pratiques contemporaines. Des artistes actuels, comme le Japonais Hiroshi Sugimoto, sont invités à réinterpréter les techniques anciennes, créant ainsi des ponts entre les époques. Cette mise en perspective montre que la photographie n'a cessé de se réinventer, et que les « premières fois » d'aujourd'hui (intelligence artificielle, réalité augmentée) s'inscrivent dans une continuité historique.
Le Pavillon Populaire, lieu emblématique de la photographie à Montpellier, propose également un riche programme de conférences, de visites guidées et d'ateliers pour les familles. Selon la ville de Montpellier, cet événement s'inscrit dans une politique culturelle visant à rendre l'art accessible à tous.



