Martial Raysse : retour à Vallauris avec ses sculptures inédites
Martial Raysse expose ses sculptures à Vallauris

Figure emblématique du nouveau réalisme, l'artiste azuréen Martial Raysse est de retour à Vallauris avec ses sculptures, une facette moins connue de son œuvre. Jusqu'au 28 septembre 2026, le musée Magnelli, musée de la céramique à Vallauris, accueille l'exposition intitulée « D'une flèche mon cœur percé – Statues de Martial Raysse ». Cette exposition met en lumière le travail sculptural de l'artiste, souvent éclipsé par ses célèbres toiles pop art et ses néons des années 1960.

Un retour aux sources pour l'enfant du pays

Né en 1936 à Golfe-Juan, à quelques kilomètres seulement du musée, Martial Raysse opère ici un retour aux sources, soixante-dix ans après sa toute première exposition personnelle à Beaulieu-sur-Mer. « Revoir mes œuvres à Vallauris, c'est comme revoir des anciens amis, ça fait plaisir. C'est un honneur et un bonheur », confie l'artiste. Dès l'entrée, les visiteurs sont accueillis par deux œuvres magistrales installées dans la cour, première invitation à entrer dans son univers créatif.

Un poète qui sculpte le réel

Martial Raysse revendique sa nature de poète avant tout. « Je suis et j'ai toujours été un poète avant tout. Mes œuvres ont toujours un titre poétique », affirme-t-il. Pour lui, la création est transdisciplinaire : « La peinture et la sculpture sont comme la main droite et la main gauche ». Cette liberté se manifeste dans son détournement des grands récits, comme avec Actéonne (2019) où il féminise le mythe d'Actéon, ou Je te vois Suzanne ! qui revisite l'épisode biblique de Suzanne et les vieillards.

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Entre détournement et surprise

L'hybridité des œuvres se traduit par un mélange de matériaux nobles et d'objets incongrus, juxtaposant des figurines miniatures et des géants de deux mètres. Dans Autel des Innocents (2019), il renoue avec ses premiers amours en intégrant une guirlande lumineuse, rappelant que « le néon est une couleur ». Les personnages d'Arrache-toi et Basta sont enrichis d'ajouts industriels, tandis que Flash III prive un héros grec de sa superbe classique par sa petite taille et une matière hétérogène. « Un petit artifice change le sens des statues », s'amuse l'artiste.

Le motif du masque

Le motif du masque traverse toute l'exposition, rappelant son travail pour les arènes de Nîmes et symbolisant son attachement aux fêtes populaires. Dans La Feria, la statuaire antique et le bronze dionysiaque rencontrent le contemporain des cerceaux et des lignes dynamiques, formant une véritable chorégraphie.

Rire de tout

Le titre de l'exposition, D'une flèche mon cœur percé, résume l'ambition de piquer le spectateur au vif. « Je veux procurer des émotions. Si je les ai ressenties, alors elles sont universelles », explique Martial Raysse. Devant Danse pour nous petite perle, il rappelle : « La vie est difficile, je veux donner l'envie de vivre. » Prêt à rire de sa propre finitude face à son œuvre La mort m'aime, il s'exclame : « Je suis sûr que la mort m'aime, elle va même me dévorer ! Tant qu'on est en vie, il faut rire. Les gens tristes, c'est abominable. »

Un théâtre ad vitam

Le parcours s'achève sur Théâtre ad vitam, où peinture et sculpture fusionnent. « La peinture et la sculpture sont des cousines », résume le plasticien. Un jeune homme sculpté contemple une peinture où trois personnages semblent le dévisager, un ultime jeu artistique à l'image du créateur qui n'a jamais fini de surprendre. L'exposition est à voir jusqu'au 28 septembre 2026 au musée Magnelli, musée de la céramique à Vallauris, au tarif de 6 euros. Renseignements au 04.93.64.16.05.

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