Silence et contemplation : Jaume Plensa au Carré Saint-Anne
Jaume Plensa : le silence sculpté à Montpellier

Le silence comme horizon : l'exposition de Jaume Plensa au Carré Saint-Anne à Montpellier

Après le succès retentissant de l'exposition de JR, qui a attiré plus de 300 000 visiteurs avec son arbre géant constellé de mains photocopiées, le Carré Saint-Anne de Montpellier accueille désormais le sculpteur catalan Jaume Plensa. L'exposition intitulée Mirage investit l'ancienne église avec quelques œuvres centrées sur le visage féminin. Dominée par deux spectaculaires sculptures suspendues, l'exposition invite à ralentir et à écouter le silence.

Des visages aux yeux clos

Comme pour la précédente exposition, le nombre d'œuvres est volontairement réduit, moins d'une dizaine. Il s'agit de pièces qui montrent l'étendue du travail de l'artiste catalan, figure majeure de la sculpture contemporaine internationale, connu pour ses œuvres monumentales installées dans l'espace public à travers le monde. En bois, en albâtre, en fil de fer, elles ont toutes un point commun : ce sont des visages de femmes aux yeux clos. "Depuis mon projet à Chicago en 2004 (The Crown Fountain), j'ai continué le travail sur les portraits, mais seulement avec des visages de femmes, de jeunes filles, parce que je pense que la beauté change plus rapidement chez elles", confie Jaume Plensa.

Une invitation à ralentir

Ce qui impressionne d'abord, ce sont les deux grandes sculptures suspendues dans la nef de l'ancienne église. Deux immenses visages, baptisés Les Invisibles, se font face, un doigt posé sur les lèvres. Conçues en mailles métalliques à partir d'un scan 3D, ces sculptures semblent flotter dans l'espace et invitent le visiteur à ralentir, à écouter et à contempler, en s'écartant du monde saturé de messages et de bruit. "Finalement, qu'est-ce que je cherche à trouver ? L'intérieur de la tête", lâche l'artiste. "Entrer dans le corps d'un autre, c'est la plus grande preuve d'amour. C'est le sommet de l'amour." Si Jaume Plensa veut apporter le silence, il ne veut pas non plus "forcer les gens à se taire". "C'est au contraire pour leur permettre d'être tranquilles, d'essayer d'écouter la vibration de leur propre corps et de leurs idées", précise-t-il.

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La beauté comme langage universel

Très attaché à son identité méditerranéenne, Jaume Plensa associe aussi cette quête du silence à celle de la beauté, qu'il considère comme une nécessité essentielle et un moyen de rapprocher les cultures. Au sol, ce sont d'autres sculptures qui s'imposent. Il y a les très beaux visages en albâtre, formes longilignes et pures s'étirant d'un socle brut. "La lumière passe à travers d'une façon unique. Je crois que c'est le matériau le plus spirituel que l'on puisse trouver", résume l'artiste. Contrastant avec cette transparence, dans le chœur du bâtiment, trois pièces taillées à partir de poutres en bois dévoilent noirceur, contrastes, veines et ridules, exploitant la puissance expressive du bois, entre le vivant et le spirituel.

Si tous les visages offerts par Jaume Plensa ont les yeux clos, les nôtres sont bien ouverts. L'exposition est à voir jusqu'au dimanche 1er novembre, du mardi au dimanche, de 10 h à 13 h et de 14 h à 18 h, au Carré Sainte-Anne, place Sainte-Anne, Montpellier. Entrée libre.

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