Le plasticien Fabrice Hyber, connu pour ses œuvres protéiformes et son rapport ludique à la création, investit le Musée de la Chasse et de la Nature à Paris jusqu'au 15 novembre. L'exposition, intitulée « Fabrice Hyber, la nature en jeu », rassemble une centaine d'œuvres, dont plusieurs créations inédites, qui explorent les liens entre l'homme, l'animal et leur environnement.
« Je suis joueur, mais je déteste suivre des règles », a déclaré l'artiste lors du vernissage, résumant ainsi sa démarche artistique. Hyber, né en 1961 à Luçon (Vendée), est un habitué des institutions culturelles, mais cette exposition revêt une dimension particulière : elle a été conçue en dialogue avec les collections du musée, qui mêlent trophées de chasse, tableaux animaliers et objets d'art.
Une scénographie immersive et poétique
La scénographie, imaginée par l'artiste lui-même, transforme les salles du musée en un parcours sensoriel. Des dessins muraux, des sculptures en bronze ou en résine, et des vidéos se répondent, créant un dialogue entre ses œuvres et les pièces historiques du lieu. Parmi les pièces maîtresses, on remarque une installation monumentale composée de centaines de bouteilles en plastique remplies de pigments colorés, évoquant la dispersion des graines par le vent.
L'exposition met également en lumière le travail de Hyber sur le corps, notamment à travers une série de « paysages corporels » réalisés à l'encre de Chine, où les anatomies se mêlent à des éléments végétaux et animaux. Ces œuvres, souvent de grand format, témoignent de sa fascination pour les métamorphoses et les hybridations.
Un artiste engagé dans la transmission
Au-delà de l'exposition, Fabrice Hyber a développé un volet pédagogique avec le musée, proposant des ateliers pour les enfants et les adultes. Ces ateliers, qui se tiennent chaque week-end, invitent les participants à expérimenter les techniques de l'artiste, du dessin à la sculpture, en passant par la vidéo.
« Je veux que le public reparte avec l'envie de créer, de jouer avec les formes et les idées », explique-t-il. Ce désir de transmission est au cœur de son travail, lui qui a fondé en 2015 la Fondation Hyber, située dans sa maison natale en Vendée, où il accueille des artistes en résidence et organise des expositions.
Une reconnaissance internationale
Fabrice Hyber a représenté la France à la Biennale de Venise en 1997 et a exposé dans les plus grandes institutions mondiales, du MoMA de New York au Centre Pompidou. Son œuvre, qui mêle peinture, sculpture, vidéo et performance, est régulièrement saluée par la critique pour sa capacité à bousculer les conventions.
L'exposition au Musée de la Chasse et de la Nature est l'occasion de redécouvrir un artiste majeur de la scène française, dont l'approche ludique et expérimentale n'a jamais cessé d'évoluer. Elle s'inscrit dans une programmation qui met à l'honneur les liens entre art et nature, un thème cher à l'institution, située au cœur du Marais.
Informations pratiques
L'exposition « Fabrice Hyber, la nature en jeu » est visible jusqu'au 15 novembre 2026, au Musée de la Chasse et de la Nature, 62 rue des Archives, Paris 3e. Ouvert du mardi au dimanche, de 11h à 18h. Tarifs : 10 euros (plein), 8 euros (réduit). Des visites guidées sont proposées tous les samedis à 15h.
Le catalogue de l'exposition, publié aux éditions Gallimard, rassemble des essais de critiques d'art et des entretiens avec l'artiste, ainsi qu'un entretien avec le directeur du musée, Claude d'Anthenaise, qui souligne « la pertinence du regard de Fabrice Hyber sur la nature, entre sauvagerie et poésie ».
En parallèle, le musée organise un cycle de conférences sur les relations entre art et écologie, avec la participation de philosophes et d'historiens de l'art. La première, prévue le 12 septembre, sera consacrée à la place des animaux dans l'art contemporain.



