« Étourdissements, vision altérée, contractions oculaires ou faciales, secousses dans les bras ou les jambes, désorientation, confusion ou perte de conscience momentanée ? » Ce message d'avertissement accueille les visiteurs de La Fenêtre, centre d'art dédié au graphisme place de la Comédie à Montpellier. L'explication est donnée plus loin : « un coup de chaud graphique dû à une accumulation de stimuli visuels ». En effet, jusqu'au 29 août, dans le cadre du festival GraphiMS, l'espace propose non pas une mais cinq expositions concentrées dans ses murs.
Beaux Restes : une boîte à souvenirs graphiques
Avec Beaux Restes, les commissaires ont imaginé l'ouverture d'une grande boîte contenant des éléments d'anciennes expositions. Mélangés, ils donnent naissance à une nouvelle aventure. L'exposition montre que les images, les affiches et les livres changent de sens selon leur assemblage et qu'ils ont encore beaucoup à raconter.
Sono Vision : l'univers de Félicité Landrivon
L'exposition Sono Vision met en avant le travail de Félicité Landrivon, autodidacte issue de la scène rock alternative lyonnaise. L'artiste compose ses visuels en juxtaposant des polices de caractères et des images tirées de la culture underground, recherchant tour à tour l'irrévérence, la déconstruction et l'élégance. On découvre une sélection de ses affiches, fanzines, pochettes de disques et travaux d'identité visuelle.
Messages/Images : le graphisme au service des grands messages
Une bonne partie de l'espace est occupée par seize affiches issues de la commande publique « Messages/Images, graphisme d'intérêt général », initiée par le Centre national des arts plastiques (Cnap). Ces œuvres interrogent l'hospitalité, la fraternité, la démocratie, l'inclusion ou le vivre-ensemble. Lisibilité, impact visuel et typographie sont mis au service d'un message fort. Certains graphistes misent sur l'économie de moyens, d'autres sur une expression plus marquée grâce à la typographie, aux couleurs ou aux formes.
Roman Cieslewicz, maître du collage et du détournement
L'autre grand ensemble est consacré à Roman Cieslewicz avec une vingtaine d'affiches du graphiste polonais, connu pour son usage du collage et du détournement d'images à forte portée politique. Il excelle dans l'utilisation de grains photographiques très marqués, le travail de la symétrie et de la répétition, les collages surréalistes, le détournement anatomique, les contrastes puissants et les palettes de couleurs volontairement limitées. On peut notamment admirer l'affiche du film L'Attentat d'Yves Boisset, qui fragmente un visage, ainsi qu'une dizaine de couvertures de la collection 10/18.
Marion Cachon : le design du côté des gauchers
Au fond de l'espace, Marion Cachon mène une recherche sur la manière dont le design intègre ou néglige les personnes gauchères. L'artiste fait des ratés et de la maladresse le cœur de sa démarche plastique. Il y a beaucoup à lire sur la poignée de main, le bouton de la platine vinyle placé à droite ou encore le robinet du lavabo. Une réflexion réjouissante sur un sujet souvent ignoré.
Postfirebooks : une scénographie à feuilleter
Dernier volet : l'éditeur montpelliérain Postfirebooks, qui a imaginé une structure scénographique invitant le public à prendre en main, consulter et feuilleter librement les ouvrages. Cinq propositions riches et éclectiques qui montrent combien le graphisme dépasse la simple mise en forme pour devenir un langage à part entière.
Jusqu'au samedi 29 août, du mercredi au samedi de 13 h à 18 h. La Fenêtre, place de la Comédie, Montpellier. Entrée libre.



