Christian Combo sculpte l'âme du bassin de Thau en tôle
Christian Combo : taureaux et bateaux en tôle

Un artiste autodidacte à la matière brute

Christian Combo sera l'un des artistes participants à l'exposition "L'art naïf", organisée par l'association Les Quatre Saisons, du 10 au 21 juin à Frontignan. "C'est incroyable ce que Christian fait avec de la tôle", s'enthousiasme Jean-Louis Delorme, figure reconnue du monde artistique local. Les deux hommes partagent une passion commune pour la matière brute, récupérée, transformée et sublimée. Leur rencontre a naturellement produit des étincelles, malgré des styles et parcours différents.

Dans son garage-atelier, véritable caverne d'Ali Baba, Christian Combo côtoie matériel de pêche, pièces de moto, tôles, enclume, meuleuse, bonbonnes de gaz, marteaux et pinces. Tout l'outillage des métalliers et carrossiers est là, et ce n'est pas un hasard.

Des bateaux plein la tête depuis l'enfance

Tout commence dans la Creuse, où enfant, Christian Combo passait plus de temps à dessiner des voiliers dans ses cahiers qu'à suivre les leçons. "Les voiliers m'ont toujours fait rêver, ainsi que les corsaires. J'avais peut-être besoin de m'évader", confie-t-il. L'évasion, il la trouve aussi sur les routes à moto, son autre passion, avec les copains du quartier. Après un CAP de carrossier-réparateur, il enchaîne les postes en concession. "C'est là que j'ai vraiment appris le formage en carrosserie, notamment auprès d'un moniteur qui avait été le carrossier de Fangio", raconte-t-il.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Au tournant des années 2000, il commence à sculpter des bateaux à partir de tôles de récupération. Arrivé à Limoges pour suivre son épouse, il devient éducateur en ferronnerie et carrosserie au Foyer Paul Nicolas, accueillant des jeunes en difficulté. "Faire des réparations chez des particuliers ne les intéressait pas. J'ai proposé de fabriquer ensemble des petits bateaux en tôle, tout en réalisant des formats plus grands. C'est ainsi que tout a commencé", explique-t-il.

Le territoire comme source d'inspiration

La mutation de son épouse à Sète en 2017 bouleverse sa vie. Il démissionne, tente l'autoentrepreneuriat à Frontignan, mais l'expérience tourne court. Il accepte un emploi alimentaire tout en continuant à créer. L'environnement local devient une inspiration inépuisable : chalutiers, thoniers, barques de joutes prennent forme sous ses mains. Ses amis le poussent à exposer. "Moi, ça ne m'avait pas traversé l'esprit. Je suis juste dans l'envie et le plaisir de créer avec mes mains. Je ne me considère pas comme un artiste", avoue-t-il.

C'est Jean-Louis Delorme qui lui ouvre les portes des expositions. Pour le centenaire de la naissance de Georges Brassens, il découpe dans la tôle les contours du bassin de Thau, avec le bateau du chanteur et les premières notes des "Copains d'abord" gravées en relief. Christian Combo façonne aussi la faune locale, comme des flamants roses prêts à s'envoler.

Le taureau, nouvel emblème

Aujourd'hui, c'est un taureau, emblème de la Camargue, qu'il prend par les cornes. "J'aime les courses camarguaises, mais pas les corridas, et encore moins la mise à mort. Les taureaux m'ont toujours fasciné. Ils sont beaux, majestueux et dégagent une puissance folle. Il fallait que j'arrive à reproduire leur tête. Après, je ferai un cheval camarguais", annonce le sculpteur.

Quand il n'est pas dans son atelier, on peut le croiser sur sa Harley Davidson lors de rassemblements de bikers, à vélo le long du canal ou sur son bateau à pêcher. Mais toujours l'esprit ailleurs, à imaginer la prochaine forme à extraire de la tôle.

Exposition "L'art naïf"

L'exposition se tient du 10 au 21 juin à la salle Jean-Claude Izzo, rue du député Lucien Salette, à Frontignan. Ouverte tous les jours de 9h à 12h et de 15h à 18h. Vernissage le 12 juin à partir de 18h.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale