Au Bon Pasteur : la parole est aux Apaches et aux Crapuleuses
Au Bon Pasteur : la parole aux Apaches et Crapuleuses

Au cœur du Festival Off d'Avignon, la pièce 'Au Bon Pasteur' fait entendre des voix longtemps étouffées : celles des Apaches et des Crapuleuses, ces figures de la pègre parisienne de la Belle Époque. Créée par la compagnie Les Ombres du Rêve, cette œuvre théâtrale se déroule au Bon Pasteur, un lieu emblématique de la ville, transformé en scène pour l'occasion.

Un plongeon dans l'histoire oubliée

La pièce, écrite et mise en scène par Julien Lefebvre, s'inspire de faits réels. Les Apaches, ces bandes de jeunes délinquants des quartiers populaires de Paris, et les Crapuleuses, leurs compagnes, ont marqué l'imaginaire collectif au début du XXe siècle. Pourtant, leur histoire est souvent réduite à des clichés. 'Nous voulons redonner une humanité à ces personnages, montrer leur complexité', explique Julien Lefebvre.

Le spectacle mêle théâtre documentaire et fiction, avec des archives sonores et visuelles projetées sur les murs du Bon Pasteur. Les comédiens, au nombre de six, incarnent tour à tour des membres des Apaches, des policiers, des journalistes et des témoins de l'époque. 'C'est un travail de fourmi, basé sur des recherches historiques approfondies', précise le metteur en scène.

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Une réhabilitation nécessaire

L'un des moments forts de la pièce est la parole donnée aux Crapuleuses, ces femmes souvent réduites au silence dans les récits historiques. 'Elles étaient les compagnes des Apaches, mais aussi des actrices de leur propre destin', souligne la comédienne Marie Dupont, qui interprète l'une d'elles. 'Leur histoire est celle de la survie, de la solidarité et de la révolte.'

La pièce a été saluée par la critique pour sa justesse et son engagement. 'C'est un spectacle nécessaire, qui nous rappelle que les marginaux ont aussi une histoire', écrit le journaliste culturel Pierre Martin dans Les Échos du Théâtre. Selon lui, 'Au Bon Pasteur' est l'une des révélations de ce Festival Off.

Un lieu chargé d'histoire

Le choix du Bon Pasteur comme lieu de représentation n'est pas anodin. Ancien couvent transformé en prison pour femmes au XIXe siècle, ce bâtiment a lui-même une histoire sombre. 'C'est un espace qui résonne avec les thèmes de la pièce : l'enfermement, la marginalisation, la rédemption', explique Julien Lefebvre. Les murs de pierre et les voûtes du lieu créent une atmosphère immersive, renforcée par une scénographie minimaliste mais efficace.

Le spectacle dure 1 heure 30 et se joue à guichets fermés depuis le début du festival. Les représentations supplémentaires ont été ajoutées pour répondre à la demande. 'Nous avons eu un accueil incroyable, le public est touché par ces histoires', se réjouit le metteur en scène.

Un festival engagé

Le Festival Off d'Avignon, qui se tient du 7 au 30 juillet, est connu pour sa programmation audacieuse et engagée. 'Au Bon Pasteur' s'inscrit dans cette tradition, en abordant des questions sociales et historiques rarement traitées. 'Le théâtre doit être un lieu de mémoire et de réflexion', estime Julien Lefebvre. 'Nous espérons que cette pièce contribuera à une meilleure compréhension de notre passé.'

La compagnie Les Ombres du Rêve, basée à Lyon, prévoit déjà une tournée en France à l'automne. 'Nous voulons continuer à faire vivre ces personnages, à les emmener dans d'autres villes', conclut le metteur en scène. En attendant, les spectateurs avignonnais peuvent encore découvrir cette œuvre poignante jusqu'à la fin du festival.

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