Agde ressuscite sa cité grecque avec 114 trésors antiques inédits
Agde : 114 trésors antiques dévoilés dans une exposition inédite

L'archéologie grecque s'invite à Agde avec une exposition inédite, du 22 mai au 29 novembre. Cent quatorze pièces antiques, dont des prêts rares du musée de Saint-Germain-en-Laye et de la Bibliothèque nationale de France, retracent l'héritage phocéen du golfe du Lion et au-delà.

Un événement archéologique majeur

Pardonnez-nous en préambule de casser l'ambiance : non, vous ne verrez plus jamais à Agde des expositions du calibre « La Gloire d'Alexandrie » (1998) ou « Égypte, vision d'éternité » (1999), qui avaient drainé à la fin des années 90 des dizaines de milliers de visiteurs au musée de l'Éphèbe. Politique de conservation drastiquement durcie, coût des transports internationaux, des assurances… plus aucune ville ou presque en France n'a aujourd'hui les moyens de proposer une telle offre au public. Ça n'est pas pour autant qu'il faut se résigner.

Agde, seule cité phocéenne du golfe du Lion

Sur ce point, on peut compter sur le travail passionné de la conservatrice des musées d'Agde, Marion Audoly, qui après les expositions sur l'épave de la Jeanne-Élizabeth et « Rivage(s) », a concocté avec ses équipes et surtout le soutien de l'Institut national de recherches archéologiques préventives et de son président, Dominique Garcia, une exposition qui fera date elle aussi.

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« Agde grecque, découvertes archéologiques du Rhône aux Pyrénées » est en effet un plaidoyer, presque une déclaration d'amour à la civilisation grecque et les échanges qu'elle a noués localement, à partir du VIe siècle avant Jésus-Christ, avec les populations autochtones notamment.

« Dominique (Garcia) souhaitait mettre ses connaissances, son expertise et son réseau au service du territoire », résume Marion Audoly. « Cette exposition s'inscrit dans le cadre de l'arrivée des Phocéens et de leur implantation sur les côtes de Provence et du Languedoc, sachant qu'Agde était la seule colonie phocéenne du golfe du Lion. Ils étaient venus ici pour les ressources minières, le savoir-faire métallurgique des populations locales. Et même si l'on manque de documentation, on sait que la cité avait son administration grecque, son agora, des magistrats, des temples. »

Des prêts rares et exceptionnels

114 objets antiques seront exposés. Avec des prêts exceptionnels, comme ce dépôt métallique découvert à Vias au XIXe siècle, habituellement conservé au musée archéologique de Saint-Germain-en-Laye et rarement exposé, ou le prêt par deux familles piscénoises d'objets issus d'une nécropole et jamais présentés au public. Une main en bronze confiée par la Bibliothèque nationale de France, un caducée, lui aussi en bronze, découvert en Corse et prêté par le Drasm, sans oublier le service régional d'archéologie ou le Groupe de recherches archéologiques d'Agde, ont eux aussi apporté leur précieuse contribution.

À noter que le vernissage aura lieu jeudi 21 mai, à 18 h. On est impatient.

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