Un éditeur taïwanais a relevé le défi de traduire et publier À la recherche du temps perdu de Marcel Proust en chinois, une œuvre longtemps considérée comme intraduisible. Cette initiative, menée par la maison d'édition initiée par un passionné de littérature française, a nécessité plusieurs années de travail et mobilisé une équipe de traducteurs chevronnés.
Un pari éditorial risqué
La traduction de Proust en chinois représente un défi linguistique et culturel majeur. Les longues phrases complexes de l'auteur français, riches en nuances et en références, ont exigé des adaptations minutieuses. L'éditeur a confié à l'Agence France-Presse que c'était un projet fou, mais nécessaire pour faire découvrir Proust aux lecteurs chinois
. La publication a été lancée en plusieurs volumes, le premier étant paru en 2024.
Le tirage initial était de 3 000 exemplaires, un chiffre modeste mais suffisant pour tester le marché. Selon l'éditeur, les ventes ont dépassé les attentes, avec une réimpression déjà en cours. Les librairies taïwanaises rapportent un intérêt soutenu, notamment de la part d'étudiants et d'universitaires.
Un travail d'équipe sur plusieurs années
La traduction a été réalisée par une équipe de cinq traducteurs spécialisés, dirigée par un professeur de littérature française de l'Université nationale de Taïwan. Chaque volume a été relu et corrigé à plusieurs reprises pour garantir la fidélité au texte original. L'éditeur souligne que le plus difficile a été de rendre la musicalité de la prose proustienne
.
Le projet a bénéficié du soutien du Bureau français de Taipei, qui a accordé une subvention de 50 000 euros. Cette aide a permis de couvrir une partie des coûts de traduction et d'impression. L'ambassadeur de France à Taïwan a salué une initiative qui renforce les liens culturels entre la France et Taïwan
.
Un impact culturel significatif
La publication de Proust en chinois ouvre de nouvelles perspectives pour la diffusion de la littérature française en Asie. Les critiques littéraires taïwanais ont accueilli l'ouvrage avec enthousiasme, le qualifiant de chef-d'œuvre de traduction
. Plusieurs librairies ont organisé des lectures publiques et des conférences pour présenter l'œuvre.
L'éditeur prévoit déjà de publier d'autres classiques français, notamment Madame Bovary de Flaubert et Les Misérables de Hugo. Cette audace éditoriale pourrait inspirer d'autres maisons d'édition en Asie à se lancer dans des projets similaires.



