Dans une tribune publiée par Libération le 10 juillet 2026, un collectif de photographes tire la sonnette d'alarme : le métier de photographe est en danger. Face à l'essor de l'intelligence artificielle générative et à la précarisation croissante de la profession, ils réclament des mesures urgentes pour protéger leur activité et garantir une rémunération juste.
Une profession fragilisée par l'IA et la baisse des revenus
Les photographes soulignent que leurs revenus ont chuté de 30 % en moyenne ces cinq dernières années, selon une étude de l'Union des photographes professionnels. L'intelligence artificielle, capable de générer des images réalistes en quelques secondes, aggrave cette tendance. « On nous demande de produire toujours plus vite, à des tarifs toujours plus bas, pendant que des algorithmes copient notre travail sans nous rémunérer », déplorent-ils.
Le collectif pointe également du doigt les plateformes en ligne qui exploitent les images sans contrepartie financière pour les auteurs. « Les géants du web se servent de nos photos pour entraîner leurs IA, sans notre consentement ni aucun partage des profits », ajoutent-ils.
Des revendications concrètes pour un cadre légal protecteur
Pour enrayer ce déclin, les photographes demandent une réforme du droit d'auteur qui inclurait explicitement les créations générées par l'IA. Ils exigent que toute image produite par une IA soit clairement étiquetée et que les photographes puissent refuser l'utilisation de leurs œuvres pour l'entraînement des algorithmes.
Ils réclament également la mise en place d'un fonds de soutien à la photographie, abondé par une taxe sur les revenus des plateformes utilisant des images. « Il est temps que les géants du numérique contribuent à la survie d'un métier qu'ils cannibalisent », insistent-ils.
Un appel à la mobilisation générale
La tribune appelle l'ensemble de la profession, mais aussi les citoyens et les pouvoirs publics, à se mobiliser. « La photographie n'est pas un simple service, c'est un art, un témoignage, un outil essentiel de notre mémoire collective », rappellent les signataires.
Parmi eux, des noms reconnus comme Marie Doe, photojournaliste lauréate du World Press Photo, et Jean Dupont, spécialiste de la photographie documentaire. Ils espèrent que cette prise de position publique déclenchera un débat au sein du gouvernement et du Parlement.
Un enjeu de société au-delà de la profession
La protection du métier de photographe dépasse le simple cadre corporatiste, selon les auteurs. « Sans photographes professionnels, c'est tout notre rapport au réel qui est menacé. Dans un monde où les images truquées prolifèrent, nous avons plus que jamais besoin de regards authentiques et éthiques », écrivent-ils.
Le collectif prévoit d'organiser des États généraux de la photographie à l'automne 2026 pour élaborer des propositions concrètes. Ils espèrent que les candidats à la prochaine élection présidentielle s'empareront du sujet.



