Le livre ne sort que mardi 2 juin, mais son auteur est déjà omniprésent dans les médias. De manière astucieuse compte tenu du contexte actuel – affaire Grasset, polémique autour de Canal+ à Cannes – Boualem Sansal n’a pas lancé sa promotion dans les médias du groupe Bolloré (JDD, CNews, Europe 1). C’est dans l’émission « Sept à huit » sur TF1 qu’il a parlé pour la première fois de « La Légende » (Grasset) le week-end dernier. On l’a ensuite entendu face à Benjamin Duhamel à la matinale de France Inter cette semaine. Boualem Sansal a confirmé à l’antenne les chiffres qui avaient circulé, selon lesquels Grasset lui a accordé un à-valoir de 1 million d’euros alors que son éditeur historique, Gallimard, ne lui proposait « que » 100 000 euros.
Un récit de captivité très attendu
Ce vendredi matin, c’est Le Figaro Magazine qui publie les bonnes feuilles, en vantant un récit de captivité plus proche du film « Midnight Express » que du « Journal d’un prisonnier » de Nicolas Sarkozy. Les extraits laissent le lecteur un peu sur sa faim : on y retrouve des éléments déjà connus sur les reproches que Boualem Sansal adresse à la ligne diplomatique française – exception faite de Bruno Retailleau – ou sur sa fâcherie avec Antoine Gallimard, qui avait mis un appartement à sa disposition avant de lui demander d’en partir.
Stratégie de communication réfléchie
En évitant les médias de Vincent Bolloré, l’écrivain algérien a choisi des canaux plus grand public pour promouvoir son ouvrage. Ce choix s’inscrit dans une volonté de ne pas mêler son livre aux controverses récentes. L’interview sur TF1 a permis de toucher un large auditoire, tandis que le passage sur France Inter a confirmé les détails financiers de son contrat avec Grasset. La publication dans Le Figaro Magazine, un média de référence, ajoute une caution littéraire à cette campagne promotionnelle.
Les extraits dévoilés mettent en lumière les critiques de Sansal envers la politique étrangère française, en particulier son soutien à certaines positions qu’il juge trop conciliantes. Il évoque également sa brouille avec Gallimard, qui aurait mal géré leur relation. Malgré ces révélations, le lecteur reste en attente de passages plus inédits sur sa captivité, le livre promettant des détails poignants sur cette expérience.



