L'écrivain franco-algérien Boualem Sansal publie ce mardi 2 juin 2026 La légende, un livre retraçant sa détention en Algérie, qui suscite déjà de vives controverses diplomatiques, intellectuelles et politiques.
Un livre de combat
Dans cet ouvrage de 240 pages publié par Grasset, Sansal affirme : « La légende n'est pas un livre neutre. C'est un livre de combat […] Il nomme. Il accuse. » L'auteur de 80 ans y dénonce le « régime algérien honni », responsable de son emprisonnement du 16 novembre 2024 au 12 novembre 2025, et de sa condamnation à cinq ans de prison, avant d'être gracié.
Un départ qui enflamme les tensions
Sansal explique pourquoi il aurait préféré que Paris adopte « un rapport de force » avec l'Algérie plutôt que la négociation diplomatique, « quitte à rester et à mourir en prison ». Cette divergence est l'une des raisons de son départ de Gallimard pour Grasset, une maison du groupe Hachette, proche du milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Ce transfert a provoqué le limogeage du PDG de Grasset, Olivier Nora, et une vague de protestations d'auteurs refusant de publier chez cet éditeur.
Liste blanche et légion de détracteurs
Dans une interview récente, Sansal dit « ne pas bien comprendre » ces protestations, se sentant « super bien » chez Grasset, qui lui a offert un à-valoir exceptionnel d'un million d'euros. La légende se termine par une liste de 170 noms de soutiens, suivie d'une annexe sur « ceux qui ont juré que j'avais la rage » et « qui se disaient mes amis et m'ont poignardé ». Sansal ne cite pas de noms mais assure qu'ils « étaient légion ».
« Les premiers à me cracher dessus »
L'écrivain est particulièrement sévère avec les dirigeants de Gallimard, accusant le PDG Antoine Gallimard de l'avoir « mis à la rue » comme « un SDF », en le forçant à quitter son logement après son arrivée à Paris. Antoine Gallimard n'a pas réagi, mais une source proche juge ces accusations « navrantes » et « loin de la réalité ». Sansal critique aussi Le Monde, Libération et Le Nouvel Obs pour avoir évoqué son « possible glissement vers la droite radicale ».
Accointances avec le RN ?
« Je suis libre […] Je ne suis pas sur une ligne idéologique », affirme Sansal dans un entretien au quotidien L'indépendant, lors du « Printemps de la liberté d'expression » à Perpignan, soutenu par le maire Louis Aliot, vice-président du Rassemblement National. Il précise : « Ce que je peux dire, c'est que le RN a pu prendre certaines de mes positions sur l'islamisme et l'islam », tout en assurant avoir aussi « des prises de position qui sont à l'extrême gauche ».
Une campagne promotionnelle intense
Dans La légende, Sansal se félicite que « partout en France », des personnes refusent que le pays disparaisse, « se dissolve […] dans la mondialisation, dans l'Europe des bureaucrates et des représentants du commerce ou, pire encore, dans un islam exalté ». La sortie du livre est accompagnée d'une forte campagne de promotion : passage à France Inter, une du Figaro Magazine qui qualifie l'ouvrage de « thriller carcéral et méditation philosophique », et une invitation sur CNews pour une « journée spéciale ».



