Après le succès de « Dernier train pour Busan », Yeon Sang-ho revient au thriller intimiste avec « The Ugly », un drame psychologique qui explore les recoins les plus sombres de la nature humaine. Le film sort en salles le 29 juillet 2026.
Un drame psychologique sur fond d'enquête
L'histoire suit un maître artisan aveugle de naissance (Im Yeong-gyu), vénéré pour la beauté des sceaux qu'il grave. Il mène une vie recluse avec son fils unique (Jeong Min Park). Leur existence paisible est brisée lorsque les ossements de la femme du maître, disparue quarante ans plus tôt, sont découverts. Le fils entreprend alors une enquête sur ce passé obscur, dévoilant des secrets lourds qui bouleversent leur quotidien.
Ce film, tourné un an avant « Colony », présenté en mai 2026 à Cannes, s'inscrit dans un registre différent de celui des zombies et infectés chers au réalisateur. Il emprunte au thriller classique, avec une série d'interrogatoires qui structurent le récit. Selon la critique, cette structure sert de prétexte pour dépeindre un drame psychologique et évoquer, à travers la prétendue apparence repoussante d'une femme qui n'apparaît jamais à l'écran, la laideur de la société.
Révélations au compte-goutte et twist final
Le film est haletant dans sa forme, avec des révélations distillées parcimonieusement jusqu'au twist final. Il aborde toutes les formes de violence : physique, psychologique, sexuelle, en alternant les points de vue. La réalisation est maîtrisée mais peine à éviter le piège du film-concept, ce qui prend le pas sur l'émotion, malgré la qualité de l'interprétation. Une mention spéciale pour Hae-hyo Kwon, acteur fétiche d'Hong Sang-soo, qui livre une performance troublante dans la peau d'un non-voyant moins innocent qu'il n'y paraît.
Le film dure 1 heure 42 minutes et a reçu la note de 3/5 de la part du critique. Il est réalisé par Sang-Ho Yeon (Corée du Sud) et interprété par Jeong Min Park, Hae-hyo Kwon et Shin Hyon Bin.
Un regard sur la société contemporaine
« The Ugly » n'est pas seulement un thriller ; c'est une réflexion sur les apparences et la monstruosité sociale. En choisissant un protagoniste aveugle, le réalisateur interroge notre capacité à voir au-delà des surfaces. La laideur évoquée dans le titre n'est pas celle des personnages, mais celle d'un système qui fabrique des monstres. Le film s'inscrit dans la continuité des œuvres de Yeon Sang-ho, qui explorent souvent les travers de la société coréenne.
Bien que moins horrifique que ses précédents films, « The Ugly » n'en est pas moins intense, offrant une expérience cinématographique qui reste longtemps en mémoire après le générique.



