Woody, Buzz l’éclair, Jessie et leurs amis pensaient vivre leur meilleure vie avec leur enfant quand la technologie débarque sous la forme d’une tablette baptisée Lilypad qui transforme leur existence en cauchemar. La technologie marquera-t-elle la fin des jouets pour les bambins ? Tel est l’enjeu de Toy Story 5, coréalisé par Andrew Stanton et McKenna Harris où nos héros sont résolus à ne pas se laisser faire.
Une critique de la technologie ?
La firme Pixar aurait-elle tourné aux idées réactionnaires ennemies des ordinateurs et autres écrans ? C’est la question que nous avions posée à Pete Docter, directeur créatif de chez Pixar lors du Festival d’Annecy 2025. « Nous sommes trop malins pour ça, faites-nous confiance », nous avait-il répondu. Êtres de peu de foi que nous étions alors. Toy Story cinquième du nom est évidemment bien plus finaud et invite à marier technique et imagination : un beau résumé de l’esprit Pixar si on y réfléchit.
« Le problème n’est pas la technologie »
Comme à son habitude, Toy Story traite de sujets sérieux en les rendant accessibles au plus jeunes et attrayants pour leurs parents. « Chez Pixar, nous considérons la technologie comme un outil », confie Pete Docter, venu défendre les couleurs du film à Paris en compagnie de la productrice Lindsey Collins. Le studio utilise l’IA pour des tâches précises, mais sans pour autant estimer qu’elle remplace l’humain, explique Pete Docter :
« On la considère comme une extension des artistes. Le problème n’est pas la technologie en elle-même mais la façon dont elle est utilisée et contrôlée. »
La jeune Bonnie se laisse envoûter par Lilypad et espère se faire des amies grâce à sa tablette mais elle prend un sérieux retour de bâton quand elle comprend - et ses parents avec elle - que rien ne saurait remplacer le contact humain. « La technologie, c’est comme le feu qui peut vous réchauffer mais aussi vous brûler, insiste Lindsey Collins. Il faut l’utiliser de façon responsable. »
Passage de relais
Ce cinquième volet a su évoluer avec son temps. « La saga s’est adaptée aux nouveautés car les gamins du premier film sont devenus parents à leur tour avec des enfants différents de ceux qu’ils étaient il y a trente ans », explique la productrice. Même si Woody arbore maintenant une magnifique calvitie, il n’a pas vraiment changé mais la jeune Bonnie et ses copines n’ont plus les mêmes préoccupations qu’Andy, héros du film de 1996. « Il en est de même chez Pixar, commente Pete Docter. Nous mêlons de jeunes animateurs qui nous ont déclaré être des fans de Toy Story à des créateurs qui travaillent sur les films depuis des années et tout le monde sort gagnant de cette collaboration. »
Nouveaux jouets et rafraîchissement
Mettre en avant la cow-girl Jessie et de nouveaux jouets très amusants permet aussi de rafraîchir la franchise. On pense à Smarty Pants (Rouleau Pote en français), rouleau de papier toilette électronique conçu pour aider les petits dans l’apprentissage de la propreté ! « On l’a inventé de toutes pièces, déclare Lindsey Collins, mais je suis certaine que cet objet connaîtrait un franc succès s’il existait vraiment. » On aimerait aussi que nos jouets soient aussi vivants que ceux de Toy Story qui demeurent toujours aussi attachants.



