Cela amuse Rami Malek quand on lui dit qu'il a ses chances comme meilleur acteur au palmarès du Festival de Cannes. « J'ai déjà reçu une récompense qui n'est pas trop mal, plaisante-t-il. Tout autre prix serait un bonus mais Cannes est le festival le plus prestigieux du monde. » L'acteur malicieux fait référence à l'Oscar qu'il a reçu en 2019 pour avoir incarné Freddie Mercury dans Bohemian Rhapsody de Bryan Singer. Il monte les Marches ce soir pour The Man I Love d'Ira Sachs.
L'acteur fait déjà partie des rivaux sérieux pour Javier Bardem et L'Être aimé avant même que son film ait été vu par le jury. Il incarne un artiste de théâtre gay dans le New York des années 1980 à l'heure où le sida fait des ravages. Condamné par la maladie, il profite d'une rémission pour vivre à fond.
Du cinéma d'auteur
« Être à Cannes est dingue pour un Américain, commente-t-il. On croit que ce festival est réservé au cinéma d'auteur et qu'il faut avoir tourné avec quelqu'un comme Jacques Audiard pour y être invité ! Je me pince encore et rêve que l'avant-première de ce soir » Rami Malek a vu le film avant de venir sur la Croisette. « C'était terrifiant, avoue-t-il. Je me suis senti exposé, vulnérable car Ira Sachs a un don pour faire ressentir de l'empathie pour ses personnages. C'est un amoureux du cinéma européen qui comprend la nature humaine. »
La mémoire de Freddie
Freddie Mercury n'a jamais tout à fait quitté Rami Malek. « Ce rôle m'aidera pour tous les autres pendant le reste de ma carrière, admet-il. Il est toujours présent dans mon âme et j'espère qu'il continuera à me conseiller tout au long de ma vie. Il y a des personnages dont on a envie de se débarrasser après le tournage. Ce n'est pas le cas pour Freddie. » Rami Malek admet volontiers l'impact que Bohemian Rhapsody a eu sur sa carrière. « Je me suis demandé si mon rôle dans The Man I Love n'était pas trop similaire, si je n'allais pas me répéter, mais j'ai fini par me dire que l'artiste que j'incarne ne lui ressemble pas vraiment. Il dégage une énergie différente et vit dans un monde qui n'a rien à voir avec celui de Freddie Mercury », admet-il.
C'est donc avec enthousiasme qu'il s'est lancé dans le projet qui lui vaut de se retrouver à Cannes pour défendre les couleurs arc-en-ciel du film. « Je me sens étonnamment calme avant la projection, » reconnaît-il avec un sourire enchanteur. Peut-être que l'ombre de Freddie Mercury continuera-t-elle à le suivre sur les Marches et au palmarès annoncé samedi soir.



