Pax israeliana : un pari risqué, analyse Dorothée Schmid à Toulon
Pax israeliana : un pari risqué selon Dorothée Schmid

Une analyse pessimiste de la situation au Moyen-Orient

Invitée par la Fondation méditerranéenne d'études stratégiques (FMES), Dorothée Schmid, responsable du programme Turquie et Moyen-Orient à l'Institut français des relations internationales (IFRI), a livré ce jeudi soir à Toulon sa vision de la crise qui secoue la région. Selon elle, le projet de « pax israeliana » porté par Benyamin Netanyahou est un pari risqué et peu réaliste.

En juin dernier, en pleine « guerre des douze jours » entre Israël et l’Iran, Dorothée Schmid écrivait dans une tribune publiée dans Le Monde : « Le nouveau Moyen-Orient qu’annonce Benyamin Netanyahou est celui du chaos ». Un an plus tard, la situation a encore empiré avec l’entrée en guerre des États-Unis. « Les zones de guerre et de nuisance se sont élargies au point que le moteur économique de la région est menacé. Et on ne connaît pas encore l’étendue des dégâts, ni même quand on sortira de cette situation », explique-t-elle.

Le détroit d’Ormuz au cœur des tensions

Lors de son intervention, Dorothée Schmid a souligné que le véritable enjeu n’est plus le programme nucléaire iranien, mais le contrôle du détroit d’Ormuz. « En bloquant le détroit et avec ses drones, l’Iran fait peser une menace existentielle sur tous les pays du Golfe. Sans accord de cohabitation avec l’Iran, il sera difficile de stabiliser la région », a-t-elle affirmé.

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Elle a également pointé du doigt l’échec américain : « Malgré l’énorme démonstration de puissance américaine, les États-Unis, tenus en échec par des moyens militaires conventionnels assez low cost, n’ont pas réussi à changer le régime de Téhéran ». Donald Trump, « qui s’est laissé embarquer dans ce conflit par Benyamin Netanyahou », est en grande partie responsable de cette situation. « Trump voulait être seul dans les négociations avec l’Iran. En n’ayant pas réussi à garder à ses côtés ses alliés européens, il se retrouve piégé dans ce tête-à-tête avec Téhéran ».

La Chine comme futur médiateur ?

Dorothée Schmid a noté que les récentes visites de Donald Trump et de Vladimir Poutine à Pékin montrent que « parce qu’ils ne sont engagés dans aucun conflit, ce sont les Chinois qui tirent les marrons du feu ». Selon elle, la Chine pourrait devenir le futur médiateur pour ramener le calme au Moyen-Orient.

Contrairement aux Émirats arabes unis, seul pays du Golfe à avoir signé les accords d’Abraham de normalisation avec Israël, Dorothée Schmid ne croit pas en une « pax israeliana » dans la région. « Les perspectives de sécurité d’Israël sont très autocentrées », a-t-elle conclu.

La conférence de Dorothée Schmid, intitulée « Entre guerre et reconstruction : un nouveau Moyen-Orient ? », s’est déroulée ce jeudi soir entre 18 h 30 et 20 h dans l’amphi 500 de la faculté de droit de Toulon, sur inscription via le site de la FMES.

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